( A l'entrée de la salle de conférence, les visiteurs piétinnent le drapeau israélien)
Dans cet amphithéâtre libanais, la foule est particulièrement hétérogène. A la porte d'entrée, que les visiteurs franchissent en piétinant un drapeau israélien, un étrange concert d'accents - de l'espagnol au farsi en passant par l'arabe - flotte au dessus d'une marée de turbans, de keffiehs et de bérets. Ici, un vénézuelien aux cheveux gominés, le torse moulé dans un t.shirt portant l'insigne du Che Guevara, discute tiers-mondisme avec un intellectuel marocain. Là, une Iranienne chiite en tchador chante les louanges de Reem Saleh Al-Riashi, une kamikaze « martyre » palestinienne.
Des origines bien différentes, et pourtant, des idées communes quand il s'agit d'évoquer la guerre de Gaza et de dire « non » à Israël et à l'Amérique. « Pour l'imam Khomeiny, l'Amérique, c'était le Grand Satan. Pour d'autres, l'Amérique, c'est l'impérialisme ou la globalisation. Quel que soit le terme utilisé, au final, c'est du même ennemi dont il s'agit ! », scande, à la tribune, le cheikh Naïm Qassem. Une pluie d'applaudissement retentit.