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Résultats tagués “Gaza”

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( A l'entrée de la salle de conférence, les visiteurs piétinnent le drapeau israélien)

Dans cet amphithéâtre libanais, la foule est particulièrement hétérogène. A la porte d'entrée, que les visiteurs franchissent en piétinant un drapeau israélien, un étrange concert d'accents - de l'espagnol au farsi en passant par l'arabe - flotte au dessus d'une marée de turbans, de keffiehs et de bérets. Ici, un vénézuelien aux cheveux gominés, le torse moulé dans un t.shirt portant l'insigne du Che Guevara, discute tiers-mondisme avec un intellectuel marocain. Là, une Iranienne chiite en tchador chante les louanges de Reem Saleh Al-Riashi, une kamikaze « martyre » palestinienne.

Des origines bien différentes, et pourtant, des idées communes quand il s'agit d'évoquer la guerre de Gaza et de dire « non » à Israël et à l'Amérique. « Pour l'imam Khomeiny, l'Amérique, c'était le Grand Satan. Pour d'autres, l'Amérique, c'est l'impérialisme ou la globalisation. Quel que soit le terme utilisé, au final, c'est du même ennemi dont il s'agit ! », scande, à la tribune, le cheikh Naïm Qassem. Une pluie d'applaudissement retentit.

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( Photo : De jeunes manifestants, non loin de l'Ambassade d'Egypte)

Un keffieh autour du coup, une bougie entre les mains, c'est près de l'ambassade d'Egypte que des centaines de manifestants se sont donnés rendez-vous, hier, au sud de Beyrouth. Des jeunes, beaucoup de jeunes, venus pour crier leur incompréhension face aux raids israéliens sur Gaza. Et pour dire leur solidarité, aussi, envers la population palestinienne qui se retrouve l'otage, disent-ils, d'un conflit sans fin.

« Je ne comprends pas le silence des autres pays arabes. Où est l'Egypte ? Où est l'Arabie saoudite ? Nous devons protester ! », glisse Emad Assad, un réfugié palestinien de 28 ans qui vit au Liban.

« En tant que Libanaise, je suis avec la résistance. Nous devons manifester ! », explique, pour sa part, Diala Abdul Nasser, une étudiante libanaise en biologie (que vous pouvez écouter ci dessous).

  dakar2.jpgComme toujours, la délibération fut mouvementée, mais, fruit d’une totale coïncidence, ce sont des reportages sur la Palestine qui ont été récompensés (catégorie presse écrite et catégorie télé), cette année, par les membres du jury du Prix Albert Londres.

Réunis à huis clos dans un hôtel de Dakar pour pouvoir délibérer tranquillement, nous avons tenu à saluer la qualité des articles de Benjamin Barthes, correspondant pigiste du Monde et de L’Express à Gaza ainsi que l’originalité du documentaire « Rafah, chroniques d’une ville dans la bande de Gaza » d’Alexis Monchovet, Stéphane Marchetti et Sébastien Mesquida, diffusé sur France 5.

Au cour de leurs reportages, les uns comme les autres ont pris le temps de se poser, de plonger la tête la première dans la complexité d'une réalité, trop souvent caricaturée par de simples attentats suicides, de prendre la température politique et sociale au jour le jour, sans contrainte de temps ni d'argent.

Dakar : ville symbolique pour cette remise de Prix, puisque c’est par ici qu’Albert Londres fit un détour dans les années 1920 avant d’écrire « Terre d’ébène », dans lequel il fustigea les dérives du pouvoir colonial français.

C’est dans cet ouvrage mythique qu’on retrouve également la fameuse maxime d’Albert Londres, « Notre métier n'est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie ». Une phrase qui nous rappelle notre responsabilité de journaliste, à l’heure où la course au scoop et les réductions budgétaires nous poussent à rédiger des articles « confettis » sans saveur ni odeur. Au risque de passer à côté d’événements incontournables qui méritent plus de 2 feuillets pour être racontés…

Bravo à Benjamin, Alexis, Stéphane et Sébastien à qui j’adresse toute ma solidarité de journaliste indépendante.

 

(Photo : de gauche à droite : Stéphane Marchetti, Alexis Monchovet et Benjamin Barthes sous le feu des projecteurs, le jour de la remise des Prix)

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À propos de ce blog

Vu de l'extérieur, le Moyen-Orient fait peur. On y parle de bombe iranienne, de chaos irakien, de croissant chiite, de risques de guerre civile au Liban. Chaque jour, la liste des conflits ne cesse de s'allonger : Occident contre Orient, Modernité contre Tradition, Religieux contre Laïcs, Sunnites contre Chiites…Ce blog répond à l'envie d'aller au-delà des gros titres effrayants de l'actualité. Il propose de se glisser derrière le voile, en laissant son bagage d'idées reçues au placard, pour donner la parole aux hommes et aux femmes qui rythment le quotidien de cette région du monde, à la fois intrigante et passionnante.

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