Après ces gesticulations initiales, l'heure est aux choses sérieuses. L'Allemagne a gardé la main. Berlin conditionne les avancées en matière de solidarité à une plus grande intégration dans le contrôle des dépenses. Étant donné les réticences françaises à ouvrir un débat sur le fédéralisme, tout progrès ne se fera que point par point, étape par étape.
Reste que l'urgence, imposée par les marchés, dicte sa loi. Apporter des solutions immédiates tout en montrant le chemin pour l'avenir : telles sont les conditions d'un retour de la confiance. Qu'ils le veuillent ou non, Hollande et Merkel sont désormais à la manœuvre. La phase des effets de manches est bien terminée.
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Procéder "point par point, étape par étape" quand on ne sait pas où l'on veut aller, c'est comme commencer à construire un bâtiment avant d'avoir décidé s'il s'agit d'un hôpital ou d'une bibliothèque municipale. C'est l'échec assuré. Et c'est pourtant comme cela qu'on procède depuis 50 ans. C'est ce que j'appelle de "l'anti-projet" caractérisé, qui se traduit par le fait que, non seulement on avance à la vitesse d'une tortue, ce qui est normal puisqu'on ne sait même pas où l'on veut aller, mais encore qu'on fait en permanence du "Saint-Jacques de Compostelle" : on avance un peu, au hasard, on regarde alors derrière pour voir si l'intendance suit et, comme elle ne suit pas, on recule un peu ou même beaucoup pour mieux repartir dans une autre direction. Dirigés par des bureaucrates qui n'ont aucune idée de ce qu'est un "projet" et encore moins de la manière de le conduire, nous sommes d'ores et déjà cuits, notamment face à la montée des grands pays émergents qui, eux, je pense à la Chine, sont parfaitement cohérents dans leur démarche en mettant le développement économique avant tout le reste. Nous, Européens, et surtout nous, Français, faisons l'inverse, de la politique purement politicienne chez nous et de la bureaucratie à Bruxelles. No way, comme disent les Américains. Nous avons hélas d'autant moins de chances de réussir que les opinions publiques de nos pays européens ont compris que les "gesticulations" allaient se poursuivre inexorablement, contrairement à ce que laisse entendre le titre de cet article. Les peuples européens ont décroché partout, ce qui est peut-être le plus grave