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Après la décision du roi Abdallah (photo ci-dessous) de confier à son demi-frère le prince Mouqrin la charge de lui succéder, en lieu et place du prince héritier Salman, je vous propose, avant de revenir plus en profondeur sur ces changements, de relire l'article que j'ai écrit le 20 mai 2013, qui analysait le jeu de chaises musicales auquel nous assistons aujourd'hui.  


Que se passe-t-il à la cour des Séoud d'Arabie? Plusieurs changements récents à des postes clés ont créé la surprise donnant à penser que le roi Abdallah, âgé de 89 ans, met en place sa succession. Quitte à bousculer les fragiles équilibres au sein d'une famille royale qui compte des milliers de princes.

Le 20 avril 2013, le Prince Khaled Ben Sultan (KBS) a été démis de ses fonctions de vice-ministre de la Défense par un décret royal qui a pris l'intéressé par surprise, alors qu'il se trouvait à New York au terme d'une tournée réussie en Extrême-Orient.

Auparavant, un demi-frère du roi, le prince Mouqrin, ancien patron de la «CIA saoudienne», avait été nommé au poste de second vice-premier ministre et second prince héritier. En parallèle, un autre demi-frère du souverain, le prince Ahmed, avait été lui remercié de son poste de ministre de l'Intérieur, tout comme Mohammed Bin Fahd, qui occupait jusque-là la fonction stratégique de gouverneur de la riche et sensible zone est d'Arabie saoudite, où se produit et s'exporte le pétrole, la poule aux œufs d'or du royaume.

Depuis, les chancelleries s'interrogent et tentent de décrypter ce jeu de chaises musicales dans un pays où l'opacité est la règle. Volonté de faire le ménage? Désir de renforcer son clan? Assurer la pérennité des réformes qu'Abdallah met difficilement en place?

Mithab sur orbite

La santé du roi, qui s'apprête à recevoir François Hollande, est déclinante. Si son cerveau fonctionne encore bien, il souffre en revanche de lancinants problèmes de dos, qui ne lui permettent plus que de travailler quelques heures par jour.

Depuis ces changements, la rumeur va bon train: Abdallah préparerait sa succession en renforçant son clan. Avec un objectif à terme: placer son fils aîné Mithab, le patron de la Garde nationale, à la tête du royaume, premier producteur mondial de pétrole et lié aux États-Unis par un pacte de sécurité, vieux de soixante ans.

Mais pour cela, le roi doit chambouler l'ordre de succession. À Riyad, le pouvoir se transmet de frère en frère, et non pas de père en fils. Or de nombreux frères ou demi-frères d'Abdallah, comme le Prince Ahmed par exemple, pourraient légitimement prétendre récupérer le pouvoir à sa mort. Mais soucieux de rajeunir les principaux dirigeants du pays, le monarque veut faire passer le relais à la génération des petits-fils d'Abdelaziz, le fondateur du royaume.

KBS faisait partie des aspirants au trône. Mais il appartient à la branche des Soudeiri, vieille rivale du clan beaucoup plus modeste du roi qui souffrit de son hégémonie sur les affaires saoudiennes pendant des décennies et qu'Abdallah a toujours vue comme trop aligné sur les Etats-Unis.

Paris compte remettre Riyad au centre de sa politique

Localement, l'éviction de KBS a fait l'effet d'une bombe. Le fils du prince Sultan, demi-frère du roi décédé en 2012, gérait depuis de nombreuses années le tout puissant ministère de la Défense. C'est lui qui avait mené en 2009 la bataille contre les rebelles yéménites houthis qui menaçaient le flanc sud de l'Arabie. C'est lui encore qui avait supervisé en 2011 l'intervention des troupes du Golfe à Bahrein face aux révolutionnaires chiites.

Abdallah étant le premier des réformateurs en Arabie, il veut également que les changements qu'il a lancés lui survivent, et accessoirement que ses héritiers gardent les rênes du pays à sa mort.

Pour mettre sur orbite son fils, le roi compte sur deux personnages clé à la cour: son tout puissant directeur de cabinet, Khaled Touejhri, qui est intime de Mithab, et son demi-frère Mouqrin qui ne peut prétendre au trône puisqu'il est le fils d'une concubine yéménite d'Abdelaziz, épouse donc illégitime selon les us et les coutumes locaux.

Mithab, comme son père avant lui, dispose d'un levier de puissance avec la Garde nationale, composée de membres des tribus les plus loyales au clan d'Abdallah. KBS écarté, le ministère de la Défense devrait voir son rôle décliner dans la galaxie des centres du pouvoir en Arabie.Mais auparavant, le clan Abdallah-Mithab devra s'intéresser au sort de Salman, l'actuel prince héritier et titulaire du portefeuille de la Défense, qui à 78 ans souffrirait de la maladie d'Alzheimer. Une opportunité dont certains voudraient s'emparer pour le déclarer «inapte» au trône… Une «mini-révolution de palais» qui ne serait pas pour déplaire à certains en France. Mithab était un visiteur régulier de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, et son successeur François Hollande l'a reçu juste après sa victoire l'an dernier. Ça tombe bien: Paris compte remettre Riyad au centre de sa politique dans un Golfe persique, toujours sous la menace du nucléaire iranien.

(Crédit photo: AFP)

Des responsables espagnols des services de renseignements étaient, il y a une semaine, en visite à Damas, où ils ont rencontré le général Ali Mamlouk, l'un des principaux dirigeants des services locaux.

Les Espagnols sont, comme d'autres pays européens, très préoccupés par l'afflux de leurs ressortissants en Syrie pour accomplir le djihad, la guerre sainte, contre l'armée de Bachar el-Assad.

Les services espagnols ont arrêté récemment un membre du Front al-Nosra, lié à Al Qaida, qui était en charge d'une filière de recrutement de jeunes désireux d'aller se battre en Syrie.

Ce n'est pas la première fois que les grandes oreilles de Madrid font le chemin de Damas, depuis que la révolte a été lancée contre le régime syrien, il y a bientôt trois ans. 

Elles ont été suivies ces derniers mois par plusieurs services européens, les Allemands, les Italiens, un émissaire britannique et même par des Français. Les uns comme les autres aimeraient en savoir plus sur leurs ressortissants qui mènent la guerre, souvent aux côtés de groupes liés à Al Qaida (ceux qui sont arrêtés, les morts etc....).

Damas compte jouer sur la carte djihadiste pour convaincre les pays européens de renouer des contacts politiques avec Bachar el-Assad dans le cadre d'une lutte antiterroriste commune. Mais cette perspective est, jusqu'à maintenant, exclue aussi bien par Madrid, Berlin, Londres que bien sûr Paris. 

 

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Le voyage dimanche et lundi de François Hollande à Ryad marque le virage saoudien du chef de l’Etat. Après le Qatar sous Nicolas Sarkozy, la France fait désormais de l’Arabie saoudite son « partenaire de référence » au Moyen-Orient.

Liban, Syrie, nucléaire iranien et signature de contrats seront au menu des entretiens entre le roi Abdallah et François Hollande.

Paris et Ryad convergent sur la plupart des dossiers diplomatiques régionaux, comme en témoignent les très fréquentes visites en France du ministre des Affaires étrangères Saoud al-Faysal et du chef des services de renseignements, Bandar Bin Sultan.

Profiter du désamour entre Ryad et Washington

En Syrie, Français et Saoudiens font tout pour que les opposants à Bachar el-Assad puissent renverser le régime baassiste. Ryad et Paris furent profondément déçus que les Etats-Unis ne frappent pas Damas en septembre après l’attaque chimique, imputée à Assad, qui fit plus de 1200 morts dans la périphérie de la capitale syrienne. Depuis, François Hollande souhaite profiter du désamour entre Ryad et son allié américain, sur la Syrie mais aussi sur l’Iran, l’autre priorité de la diplomatie saoudienne. Mais si les deux pays convergent sur l’objectif, des différences apparaissent sur les moyens d’y parvenir. Alors que l’Arabie saoudite se déclare favorable à des livraisons d’armes aux rebelles - y compris aux islamistes qui viennent de s'emparer du QG de l’Armée syrienne libre (ASL) - la France elle est beaucoup plus réticente, accusant même parfois mezza voce Ryad de jouer « un double jeu », en aidant tout à la fois les modérés de l’ASL et les radicaux salafistes qui ont le vent en poupe en Syrie. A qui sont destinés les 15 000 missiles antichars que Ryad compte acquérir auprès des Etats-Unis, si ce n’est aux rebelles syriens, constatent un tantinet inquiets certains observateurs du conflit syrien ? L’Arabie vient en effet de rappeler qu’avec ou sans appui extérieur, elle agirait en Syrie.

Au Liban, qui subit de plein fouet les conséquences de la guerre chez son voisin, comme l’atteste encore l’assassinat vendredi d’un proche du leader sunnite Saad Hariri, les deux partenaires militent pour que cesse le vide institutionnel – absence de gouvernement depuis six mois. A cette fin, Paris et Ryad entendent renforcer les capacités d’action de l’armée libanaise. D’où la décision prise par l’Arabie - qui sera annoncée au cours de la visite - de financer la fourniture par la France d’un « important soutien » matériel aux forces armées libanaises (FAL), les seules à maintenir un semblant d’unité dans un pays où la fracture confessionnelle se creuse en raison de l’implication du Hezbollah chiite aux côtés de Damas et des radicaux sunnites auprès des rebelles syriens. Le chef de l’Etat français a d’ores et déjà pris contact avec le président de la République libanaise Michel Sleiman pour « définir » les besoins des FAL.

L'ombre du contrat MK3

Autre accord attendu au cours de la visite, celui portant sur les investissements saoudiens en France. Selon nos informations, François Hollande a chargé son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius de recevoir « très prochainement » le ministre des finances saoudien pour « définir les modalités » des investissements de Ryad dans l’Hexagone.

Une ombre plane toutefois sur le tableau. Elle concerne la conclusion d’un très important contrat dit MK3 de défense anti-aérienne saoudienne au profit de la société française Thalès. Contrat en négociation depuis quatre ans d’un montant global de 5 milliards d’euros, déjà paraphé par Ryad mais qui attend toujours la signature du roi Abdallah.

François Hollande en a parlé les 16 et 17 décembre devant le chef du cabinet royal Khaled al-Twaijri venu à l’Elysée préparer la visite. Et le lendemain, le président de la République a pris soin d'insister dans une lettre qu’il a adressée au roi Abdallah. « Je souhaite appeler votre attention sur un point qui revêt à mes yeux une importance toute particulière, écrit François Hollande. Il s’agit du projet MK3 concernant la défense anti aérienne. Celui-ci est prêt maintenant à être conclu, si votre majesté le veut bien. Compte tenu de notre engagement commun pour la paix et la sécurité au Moyen-Orient, la conclusion de cet accord serait un témoignage clair de l’importance que vous comme moi accordons à notre coopération bilatérale. C’est pourquoi, conclut François Hollande, je lui serai très reconnaissant d’une décision qu’elle pourrait prendre à ce sujet ».

Reste qu’à la veille de cette visite, rien n’indique que le contrat MK3 sera signé. Au contraire, selon nos informations, ce sujet aurait même été retiré des entretiens Abdallah-Hollande. « On ne sait pas ce qui bloque », déplore une source française, proche du dossier. « Est-ce le ministère de la Défense ? Est-ce que le roi a bien été mis au courant ? », s’interroge la source. « Après le forcing français pour obtenir un accord contraignant sur le nucléaire iranien qui n'a pu que satisfaire Ryad, les Saoudiens pourraient quand même nous renvoyer l’ascenseur », constate un brin amer cet expert de la relation franco-saoudienne.

(Crédit photo: AFP)


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Rencontre houleuse vendredi à Londres des onze pays qui soutiennent la rébellion syrienne. Une réunion précipitée par la prise de contrôle cinq jours auparavant du QG et de plusieurs dépôts d’armes de l’Armée syrienne libre – l’alliée des onze – par des groupes salafistes… dont certains soutenus par des participants à la dite réunion. Nous voulons parler du Qatar, accusé de jouer un « dangereux double jeu ».

Parmi les factions qui se sont emparés des armes de l’ASL figurent notamment Arar el-Sham, et Liwa el-Tawhid, proches de Doha. « Un tel double jeu n’est plus possible », se lamente un participant à la réunion. « Un pays ne peut pas soutenir notre allié (ASL) et dans le dos l’attaquer. Il y a une contradiction fondamentale ». Et le diplomate d’ajouter que « le bloc des onze est (désormais) au bord du gouffre, près de l’éclatement ».

D’autant qu’à la réunion de Londres, le représentant du Qatar n’a pas du tout baissé pavillon. « Il est parti au contraire dans une défense et illustrations de certains groupes (islamistes, ndlr) dans le nord de la Syrie. Et il avait préparé son texte qu’il a lu devant nous ».

En face, Robert Ford le représentant américain, avait du mal à cacher son mécontentement. « Il est désabusé », commente la source. « Il était venu pour obtenir des réponses précises à ses questions sur la restructuration de l’ASL. Il rentre bredouille à Washington, et à la place il va se faire harceler de questions par ses interlocuteurs au Congrès et ailleurs, qui sont déjà peu favorables à l’armement des rebelles ». Une question reportée aux calendes grecques après l’épisode d’Atmeh, le QG de l’ASL.

Qu’y-a-t-il exactement dans les arsenaux passés sous le contrôle des salafistes? « Peut-être des moyens de renseignements livrés par les Américains », poursuit notre source. Ce qui expliquerait « leur colère », et « le mini-tsunami que ca a provoqué après à Washington », où l’ancien patron de la CIA, Mickael Hayden, a créé la surprise en déclarant que le maintien d’Assad au pouvoir était encore « la moins mauvaise des autre solutions ».

Après l’offensive islamiste contre l’ASL, les Etats-Unis devraient poursuivre leur repli du dossier syrien, se contentant à court terme de réunir avec les Russes la Conférence de Genève, sans nourrir d’illusions sur ses résultats. D’autant que comme le montre le texte final de la réunion de Londres, Américains, Français et Britanniques n’ont pas réussi à y désigner les groupes, fauteurs de troubles. « Ils ont tout fait pourtant pour que ces factions islamistes soient nommément désignés ». En vain. « Nous déplorons les attaques et l’occupation du quartier général du Conseil militaire suprême et de ses dépôts les 7 et 8 décembre », se contente d’affirmer le communiqué final.

Bref, la coalition des Amis de la Syrie commencerait à se craqueler. « Les Allemands sont très prudents. Les Emirats arabes unis sont remarquablement clairvoyants et prudents. La Jordanie, elle, ne veut fermer aucune porte, y compris avec le régime de Damas. Quant à l’Egypte, elle a quasiment tourné le dos à la révolution syrienne », regrette notre source.

(Crédit photo: AFP)



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Le quotidien allemand Welt am Sonntag nous apprend qu’une rencontre secrète s’est tenue pendant trois jours en septembre à Benghazi en Libye, réunissant quelques-uns des principaux mouvements de l’internationale djihadiste, qui prospère sur le chaos né des révoltes arabes, depuis trois ans.

Etaient présents dans le bastion libyen d’Ansar al Charia qui ne reconnait pas les institutions de Tripoli, des groupes djihadistes libyen, marocain, égyptien, tunisien qui ont rencontré des représentants d’Al Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) et du Front al-Nosra venu de Syrie.

La situation en Syrie où la mouvance djihadiste ne cesse de gagner du terrain aurait été au centre des débats. Abou Iyad, le représentant de l’organisation tunisienne Ansar al-Charia, indépendante de la structure libyenne – aurait demandé que les Tunisiens ne se rendent plus en Syrie, car il « avait un besoin urgent de combattants auprès de lui » en Tunisie, au cas où le conflit avec le régime tunisien dégénèrait, affirme le journal allemand, qui ne cite pas ses sources. Abou Iyad est recherché pour son implication dans l’attaque ayant visé l’ambassade américaine à Tunis en septembre 2012.

Les djihadistes tunisiens de retour au pays

Sa demande aurait été mal accueillie par les dirigeants d’Al Nosra pour lesquels l’apport de djihadistes étrangers est « capital » pour renverser Bachar el-Assad et établir ensuite un califat sur « le Levant ». Finalement, un compromis aurait été trouvé : les djihadistes tunisiens auraient été autorisés à rentrer chez eux, mais en échange le Front al-Nosra aurait obtenu des garanties que tous les autres combattants – non Tunisiens – qui iront en Syrie seront placés sous l’autorité d’Al Nosra, et non pas de sa branche rivale, l’Etat islamique d’Irak et au Levant (EIIL), autre groupe lié à Al Qaida auquel le chef d’Al Qaida, Ayman Zawahiri, a demandé de concentrer sa lutte sur l’Irak voisine.

Grâce à ce compromis, Al Nosra cherche à reprendre la main sur l’EIIL, dont la capacité d’action en Syrie a dangereusement augmenté en 2013, profitant d’une proximité opérationnelle avec son bastion de l’ouest-irakien. Mais depuis l’appel de Zawahiri, qui a adoubé al-Nosra comme seul représentant d’Al Qaida en Syrie, la concurrence a redoublé entre les deux organisations djihadistes.

Le compromis de Benghazi – s’il est avéré – est d’autant plus important que rébellion syrienne est en pleine recomposition. Sa frange modérée, l’Armée syrienne libre, est en déconfiture, au profit de la composante salafiste, laquelle entretient des liens sur le terrain avec al-Nosra.

Les Tunisiens forment l’un des principaux contingents de combattants étrangers attirés par le djihad syrien. On ignore quelles sont les sources du journal allemand, mais une chose est sûre : les services de renseignements d’Outre-Rhin (BND) sont très actifs en Tunisie et en Libye, selon une source sécuritaire française.

(Crédit photo: AFP)


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C’était une énigme vieille de près de dix ans. L’ancien agent américain du FBI Robert Levinson, disparu en 2007 sur l’île iranienne de Kish, était en fait une petite main envoyée par des agents de la CIA, qui n’avaient pas reçu l’aval de leur hiérarchie. Un has been qui trompa des gratte-papiers de la centrale américaine du renseignement en mal d'affaires explosives.

Le pot aux roses vient d’être révélé par l’agence AP et le Washington Post, qui ont enquêté sur cette mystérieuse disparition. Levinson s’était volatilisé en mars 2007, quelques jours après être arrivé à son hôtel sur l’île de Kish au large du territoire iranien.

L’homme, alors âgé de 59 ans, est devenu enquêteur privé après une carrière au FBI, et ses fréquents déplacements intéressent des analystes de Langley, qui travaillent sur les circuits financiers illicites qui permettent à la république islamique d'Iran de contourner l'arsenal des sanctions internationales qui lui est imposé en raison de ses ambitions nucléaires. Anne Jablonski l’embauche à titre contractuel pour lui faire des rapports. "Buck", le nom de code de Levinson, se pique à l'idée de jouer sur le tard les James Bond.

De son côté, "Toots" - pseudonyme de Melle Jablonski dans les emails qu'elle adresse à Buck- pense avoir flairé le bon indicateur, lorsqu’au début 2007 Levinson lui assure connaître un informateur, familier des circuits de la corruption en Iran, pays ennemi des Etats-Unis qui l'accusent d’aider des mouvements terroristes comme le Hezbollah libanais et de fabriquer la bombe à des fins militaires.

La source s’appelle Dawoud Salahudin, il est américain, et il a réussi à s’introduire parmi la nomenklatura iranienne, après s’être réfugié à Téhéran pour cause d’assassinat d’un proche du shah d'Iran en 1980 aux Etats-Unis ce qui lui vaut depuis d’être recherché par Washington. Mais depuis ce 9 mars  2007, où il quitte sa chambre du Maryam Hôtel de Kish avant de prendre le taxi pour rencontrer Dawoud Salahudin, la trace de Levinson se perd.

Pour le public, il a toujours été présenté comme un Américain disparu lors d’un voyage privé dans le Golfe persique. Les connaisseurs des arcanes de la guerre de l’ombre avaient flairé l’entourloupe. Ce qui n’empêchait pas le département d’Etat de le présenter, il y a quinze jours encore, comme l’otage américain retenu le plus longtemps de toute l’histoire du pays. Mais jusque-là, motus et bouche cousue étaient les mots d'ordre.

En 2010, sa famille reçut bien une dernière preuve de vie où l'on voit Levinson déguisé en prisonnier de Guantanamo quémander l'appui de son gouvernement pour être libéré. Mais en même temps, les autorités américaines achetèrent le silence de la famille Levinson contre 2,5 millions de dollars et la promesse de ne pas engager de poursuite susceptible d’éventer l’affaire. L’Iran de Mahmoud Ahmadinejad devait rester sur l’Axe du mal. Pas question de révéler au grand jour les activités troubles du free lance de la CIA.

Mais comme le soulignent AP et Le Washington Post dans leur enquête publiée jeudi, la Centrale de renseignement a commis de « graves erreurs » dans cette affaire. La CIA fut d’abord lente à réagir. D’autre part, l’opération n’avait pas été approuvée et la direction n’était même pas au courant de la commande passée par Anne Jablonski à son contact à Kish. Celle-ci, ainsi que neuf autres analystes de l’espionnage américain, seront finalement poussés à la démission ou feront l’objet de sanctions disciplinaires. Quelques mois plus tard, la CIA finira par informer le Congrès, la Maison Blanche et le FBI de la réelle affiliation de Robert Levinson.

Selon AP, « Les Etats-Unis ont toujours soupçonné mais n'ont jamais pu prouver que Levinson avait été enlevé par les forces de sécurité iraniennes ».

Embarrassée la CIA n'a pas réagi, mais l'administration Obama a, de son côté, regretté qu'AP ait diffusé ces informations. « L'enquête sur la disparition de M. Levinson se poursuit et nous sommes tous déterminés à le ramener sain et sauf à sa famille », a déclaré la porte-parole du Conseil de sécurité nationale, Caitlin Hayden.

Fin août, le secrétaire d'Etat, John Kerry, a demandé à Téhéran d’aider à localiser Robert Levinson. En septembre, le nouveau président iranien Hassan Rohani a affirmé sur CNN ne pas savoir où il se trouvait. Barack Obama avait même mentionné le cas de Robert Levinson, ainsi que ceux de deux autres Américains retenus, durant son coup de téléphone à Rohani, à la fin de septembre, premier contact direct entre des dirigeants des deux pays en plus de trente ans.

Nul ne sait si l’ancien agent du FBI est encore en vie. Si c’est le cas, le malheureux otage sera tôt ou tard monnayé par Téhéran, où l’on a toujours gardé le silence sur cette affaire. En attendant le bon moment pour négocier avec l’ex « Grand satan ».

Une histoire qui montre que sur des pays difficiles à pénétrer comme l'Iran ou la Syrie, la communauté du renseignement est prête à recourir à tous les tuyaux percés pour combler son manque d'informations fiables....

(Crédit photo: AP)

Permettez-moi un petit cocorico ! L’auteur de ce blog vient de recevoir le Prix de l’Association de la presse étrangère.

Lancé il y a sept ans, ce prix récompense des journalistes français pour leur couverture de l'actualité internationale ou leur analyse de la politique étrangère française. Un jury composé de sept journalistes étrangers en poste à Paris vote pour départager les candidats sélectionnés.

Vincent Hugueux de L'Express a reçu le prix de la presse écrite. Actuellement détenus en Syrie, le grand reporter Didier François et le photoreporter Edouard Elias, journalistes à Europe 1, ont reçu le prix de la radio. Ulysse Gosset et Harold Hyman de BFMTV se sont vu décerner le prix de la télévision.

Merci encore à vous autres internautes, observateurs attentifs de l’actualité moyen-orientale.
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Après l'accord sur le nucléaire entre les grandes puissances et l'Iran, je vous propose l'analyse de François Nicoullaud, ancien ambassadeur de France en Iran qui nous explique pourquoi cet arrangement est un "bon accord"


Le « plan commun d’action » sur six mois, éventuellement renouvelable, adopté à Genève le 24 novembre par l’Iran et les six pays négociant au nom de la communauté internationale, est un bon accord. D’abord parce qu’il a obtenu de l’Iran toutes les concessions qu’il était envisageable d’emporter, comme en témoignent les péripéties de la négociation dans sa phase finale. Exiger plus aurait abouti à tenter de franchir « les lignes rouges » fixées aux négociateurs iraniens par le guide suprême de la révolution islamique, Ali Khamenei. Il y aurait eu rupture et donc absence d’accord.

La pression française

En bref, pour le temps des discussions vers un accord définitif, l’accord arrête la montre des capacités de l’Iran d’accéder, s’il en faisait le choix, à l’arme nucléaire. Il n’est donc désormais plus possible de dire que Téhéran tente de gagner du temps par la négociation. A cet égard, la pression des négociateurs français a certainement contribué à renforcer les engagements pris par l’Iran sur les deux filières posant en effet de sérieux problèmes de prolifération : celle de l’enrichissement de l’uranium, impliquant les deux usines de Natanz et de Fordo, celle de la production et de l’extraction de plutonium, impliquant le réacteur d’Arak. Et cette pression française a en définitive plutôt rendu service à Obama. Elle a en effet rendu l’accord plus présentable à un Congrès hostile à toute faiblesse envers l’Iran.

Certes, les guetteurs d’apocalypse expliqueront, qu’avec ses capacités actuelles, l’Iran pourrait déjà acquérir en six à huit semaines assez d’uranium hautement enrichi pour fabriquer une bombe. Mais à cette aune, il ne faudrait que six à huit minutes pour conduire à leur but quelques missiles capables de détruire en six à huit secondes toutes les installations nucléaires iraniennes. Dieu merci, dans la vie réelle, les choses se passent autrement.

Un important allègement des sanctions

C’est aussi un bon accord parce que les principaux négociateurs, les États-Unis et les trois pays de l’Union européenne, Allemagne, France et Royaume uni (la Russie et la Chine étant plus effacées), ont su apporter un allègement réel des sanctions américaines et européennes imposées à l’Iran. Ils ont ainsi renforcé la main du Président Rohani et des modérés dans le jeu interne de la politique iranienne, ce qui augure bien de l’avenir. Certes, pour son opinion, pour son Congrès, Obama s’est efforcé de minimiser les gestes accomplis en faveur de la République islamique. Mais ils sont importants, beaucoup plus importants qu’on ne l’imaginait au départ. Ainsi, il n’était sans doute pas envisagé initialement d’alléger les sanctions pétrolières. Au final, l’Iran reçoit la garantie qu’il ne sera plus gêné pour vendre à peu près un million de barils par jour, soit environ la moitié de ce qu’il vendait avant la mise en œuvre de sanctions. Avec un baril aujourd’hui à 100 dollars, il engrange des recettes comparables à celles qu’il collectait il y a une dizaine d’années, quand le baril ne valait pas plus de la moitié, et qui lui permettaient fort bien de vivre.

Vers un accord définitif

Bien entendu, cet accord n’est que temporaire. Il vise à ouvrir le cycle de négociations devant conduire, en principe en six mois, peut-être en une année, à un accord général et complet visant, avec l’aide de l’Agence internationale de l’énergie atomique, à entourer le programme nucléaire iranien de suffisamment de contraintes et de contrôles pour repérer et étouffer dans l’œuf toute éventuelle tentative d’échappée vers la bombe.

La communauté internationale pourrait alors être durablement rassurée. Les sanctions infligées à l’Iran pour ses activités nucléaires pourraient être entièrement levées. Mais l’accord actuel, tout temporaire qu’il soit, esquisse déjà les contours de l’accord final. Il en avance donc la négociation. De plus, par construction, il pousse fortement à l’élaboration de cet accord définitif. En effet, si la négociation échouait, ou si l’une ou l’autre des parties se dérobait à la mise en œuvre de ses premiers engagements, chacun reprendrait sa liberté.

Pour l’Iran, la liberté de relancer sans entraves ses activités nucléaires, ce qui le rapprocherait encore de la capacité à acquérir la bombe. Pour l’Occident, la liberté de restaurer et de renforcer encore l’arsenal de ses sanctions. L’on voit donc bien qu’aucun des protagonistes n’a intérêt à l’échec. En cela aussi, l’accord du 24 novembre est un bon accord.

Le double effet des sanctions

Comment en est-on arrivé là ? Bien entendu, la pression des sanctions sur la population et le régime iranien a joué un rôle important. Hassan Rohani, le nouveau président de la république, avait fait de la levée des sanctions une promesse majeure de sa campagne électorale. Il lui fallait rapidement un premier résultat. Mais du côté occidental, au fil des mois et des années d’une politique de pressions croissantes sur l’Iran, l’on prenait lentement conscience que les sanctions, malgré leur effet évident sur l’économie et la société, ne freinaient que modestement les progrès du programme nucléaire de Téhéran. Le nombre de centrifugeuses tendait à croître de façon exponentielle, l’Iran n’était en rien dissuadé de créer en tel endroit une usine d’enrichissement souterraine, de lancer en tel autre la construction d’un réacteur d’un modèle fortement plutonigène. Les mêmes sanctions, par leur part de succès comme par leur part d’échec, ont donc poussé les deux parties vers l’ouverture de négociations décisives.

Le lent effacement des illusions

Du côté iranien, l’arrivée d’une nouvelle équipe de négociateurs aguerris et habiles, mais aussi sincèrement à l’écoute de leurs interlocuteurs, a permis de mettre au mieux en valeur une série de propositions déjà avancées à de nombreuses reprises, mais que le style revêche, provocateur, d’Ahmadinejad et de ses négociateurs avait fini par rendre inaudibles. L’on savait ainsi depuis longtemps que l’Iran était disposé, contre assurances adéquates, à renoncer à enrichir au taux de 20%, à plafonner ses activités d’enrichissement au taux de 5% et à convertir l’essentiel de sa production d’uranium enrichi en oxyde prêt à être utilisé comme combustible, donc indisponible rapidement pour de hauts enrichissements de qualité militaire. Ce sont ces clauses bien connues qui réapparaissent dans l’accord du 24 novembre. Et du côté des Occidentaux, l’on a fini par abandonner l’illusion que l’on pourrait faire accepter à l’Iran l’idée de démanteler son programme d’enrichissement, ou même de le suspendre, ou encore d’envoyer à l’étranger une partie de son stock d’uranium enrichi. L’on a abandonné l’illusion de faire ainsi plier l’Iran au nom de la vague nécessité de « restaurer la confiance », sans avoir à reconnaître l’existence de son programme nucléaire. L’on a fini par comprendre que l’on n’arriverait à rien par la seule pression, par des rafales de résolutions de l’Agence internationale de l’énergie atomique ou du Conseil de sécurité, voire par la menace de mise en œuvre d’une option militaire.

Ce sont ces illusions qui ont empêché de conclure entre 2004 et 2005 un accord qui aurait beaucoup ressemblé à l’accord actuel, sauf qu’il n’aurait eu à traiter que d’un, deux ou trois milliers de centrifugeuses, et non de 19.000 comme aujourd’hui, et qu’il aurait abordé le réacteur d’Arak comme un projet encore sur le papier.

Huit ans de perdus donc, et beaucoup de dégâts inutiles, parmi lesquels l’élection d’Ahmadinejad, pour arriver à un résultat moins satisfaisant que celui que l’on aurait pu alors aisément obtenir. Mais enfin, ne réécrivons pas l’histoire, et ne boudons pas notre plaisir. Nous avons à présent un accord, un bon accord, qu’il reste à faire vivre en l’appliquant scrupuleusement, loyalement, d’un côté comme de l’autre, pour parvenir au succès durable d’un accord définitif, capable de changer la donne au Proche et au Moyen-Orient.

(Crédit photo: AFP)



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Paris se dotera en début d’année prochaine d’un nouveau représentant en charge des affaires économiques et commerciales auprès de son ambassade à Téhéran.

Le poste avait été supprimé il y a quelques années, la France ne souhaitant pas que ses entreprises investissent dans un pays accusé de préparer la bombe.

Depuis des mois, anticipant un dégel entre les Etats-Unis et l’Iran, les industriels et les diplomates français sur place à Téhéran militaient pour la réouverture de ce poste. Mais jusqu'à présent, le Quai d’Orsay s’y opposait.

Pendant ce temps, les Italiens ont doublé leur effectif de commerciaux à leur ambassade et « même les Britanniques, longtemps vus comme le petit Satan par les Iraniens derrière les Etats-Unis, sont désormais très actifs pour revenir sur le marché iranien », constate avec dépit un homme d’affaires français familier de l’Iran.

De son côté, le Médef organisera fin janvier, début février une mission en Iran avec la présence de chefs d’entreprises, intéressés par ce vaste marché de 80 millions de consommateurs.

« Hélas, on risque d’arriver après tout le monde », fulmine l’industriel français, qui redoute les retombées négatives de la posture diplomatique de Paris en pointe pour empêcher l’Iran d’avancer vers la bombe, comme les négociations de Genève l’ont récemment montré.

« Les responsables iraniens sont furieux », reconnaît un autre homme d’affaires français à Téhéran. « Ils risquent de nous le faire payer », ajoute-t-il.

(Crédit photo: Irna).

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Alors que les discussions sur le nucléaire sont entrés ce jeudi à Genève dans le vif du sujet entre Iraniens et représentants des grandes puissances, d’autres négociations se sont tenues ces dernières semaines, mais secrètement cette fois entre diplomates américains et iraniens.

Elles portent sur quatre sujets, révèle au Figaro une source dans le Golfe : l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie et comment relancer les affaires entre Téhéran et Washington, après la signature d'un accord sur le nucléaire ?

Selon cette source, les Iraniens ont des discussions directes avec des diplomates américains aux Etats-Unis depuis l’Assemblée générale des Nations unies fin septembre, au cours de laquelle Barack Obama avait téléphoné à Hassan Rohani, le nouveau président modéré de l’Iran.

Le chef de la diplomatie iranienne « Javad Zarif est resté dix jours au Etats-Unis après l’Assemblée générale de l’ONU », souligne cette source. « Et 75 personnes accompagnaient Rohani à New York, dont de très nombreux industriels de la filière Pétrole et Gaz qui ont rencontré alors des représentants de Chevron ou Exxon ».

Sur l’Afghanistan, les Américains demandent aux Iraniens de faciliter le retrait de leurs troupes à partir de 2014, « en sécurisant les zones frontalières où Téhéran dispose de relais". « Les positions ne seraient plus trop éloignées », selon cette source.

A propos de l’Irak, Américains et Iraniens souhaitent « consolider le pouvoir en place et éviter l’éclatement » du pays. Les Américains se félicitent qu’après avoir exercé de fortes pressions sur le premier ministre irakien Nouri el-Maliki, ce dernier a durci la surveillance des vols en provenance de l’Iran qui acheminent des armes à Bachar el-Assad en Syrie.

Les pourparlers sont en revanche plus difficiles sur le conflit syrien. « C’est la carte de négociation, le joker que les Iraniens lâcheront au dernier moment », souligne la source. Mais leur allié, Assad, ayant repris du poil de la bête, Téhéran ne devrait pas le sacrifier de sitôt, alors qu’aucune alternative crédible n’a surgi jusqu'à présent. Et ce d’autant plus qu’à Téhéran, le dossier syrien est géré par les gardiens de la révolution, et non par Hassan Rohani, des pasdarans beaucoup moins enclins aux concessions en Syrie.

Quant aux discussions sur une reprise des affaires entre le « Grand satan » et la République islamique d’Iran, les choses pourraient aller vite, avec à court terme l’ouverture d’une chambre de commerce américano iranienne à Téhéran par un Iranien longtemps exilé aux Etats-Unis. « Les Iraniens auraient promis une centaine de milliards de dollars d’affaires aux sociétés américaines », affirme notre source. Boeing notamment lorgne le très lucratif marché des dizaines d’avions d’Iran Air à remplacer. General Motors est également à l’affut depuis plusieurs mois.

« Il y a très peu de communication sur ces discussions bilatérales, explique notre source. Américains et Iraniens misent sur la confidentialité pour ne pas faire exploser ces pourparlers. Et ils doivent aller vite pour mettre le Congrès aux Etats-Unis et les durs en Iran devant le fait accompli afin que tous les lobbies opposés à un rapprochement ne puissent passer à l’action ».

Sur le nucléaire, Iraniens et Américains ont déjà concocté en secret un « accord intérimaire » que Laurent Fabius a retoqué lors du premier round des négociations de Genève il y a dix jours, le jugeant pas assez solide pour empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique.

(Crédit photo: AFP).

À propos de ce blog

Parce qu’au Moyen-Orient, la réalité ne correspond pas toujours aux déclarations officielles ou aux clichés véhiculés çà et là en Occident, je vous propose de découvrir la part d’ombre dissimulée sous le flot des nouvelles qui nous parviennent de cette poudrière. Pour mieux comprendre les enjeux qui secouent cette région, si importante pour la stabilité du monde, et qui a fini par se soulever contre des autocrates vieillissants.

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