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Parisot en route pour un 3è mandat au Medef ?

| Réactions (6)
LP.jpgEt si Laurence Parisot rempilait en 2013 à la présidence du Medef ? En théorie, la patronne des patrons - qui achèvera dans un an, à deux semaines près, son 2è mandat à la tête de l'organisation - ne le peut pas. L'article 15 des statuts est en effet on ne peut plus clair : "Le président du Medef est élu pour cinq ans par l'Assemblée générale. Son mandat peut être renouvelé une seule fois pour une durée de trois ans." Une seule fois... Pourtant, de plus en plus de membres sont persuadés que Laurence Parisot étudie le moyen de modifier les statuts du mouvement pour conserver son poste. Et c'est l'article 28 qui lui donne la marche à suivre : "Les statuts du Medef ne peuvent être modifiés que : soit sur proposition du Conseil exécutif délibérant après avis du Comité statutaire, soit sur proposition de la moitié au moins des membres actifs à l'Assemblée générale. (...) Pour que l'Assemblée générale statue valablement, les deux tiers des délégués des membres actifs doivent prendre part au vote personnellement ou par mandataire. Elle statue à la majorité des deux tiers."

En pratique, rien n'empêcherait donc la présidente sortante de se succéder à elle-même si elle parvenait à changer les statuts (et si elle était dans la foulée élue). Mission impossible ? Pas vraiment. Tant sur le fond sur la forme. La forme, on l'a vu, nécessite au préalable d'en convaincre les membres du Conseil exécutif. Sa composition (44 membres, dont 10 choisis par le président en fonction), en tout cas, le permet. Resterait ensuite à faire voter dans le bon sens les deux tiers des délégués de l'Assemblée générale. Et c'est là que le fond entre en jeu...

Le rejet d'une modification des statuts ne pourrait intervenir que s'il y avait une coalition de fédérations, une alliance même minoritaire (plus d'un tiers des voix suffit), ayant un intérêt commun à placer une autre personne à la tête de l'organisation. Or, à un an de l'échéance, rien n'est moins sur. L'UIMM a retrouvé son influence d'antan en matière sociale et truste les présidences des commissions ou organismes les plus importants. Elle n'aurait donc pas intérêt à récupérer en propre la présidence tant son poids est grand. Son président d'ailleurs, Frédéric Saint-Geours, ne le souhaite pas. Autre secteur influent, les banques. Vu la conjoncture économique, elles ont d'autres chats à fouetter avec les crises à répétition sur la scène européenne et la présidence du Medef est le cadet de leurs soucis. Les assurances ? Elles sont sous contrôle. Les services ? L'actuel président, Gilles Pélisson, est un ami de Laurence Parisot et ils sont très préoccupés par résoudre la crise qui frappe depuis quatre ans l'Hexagone. Quant aux fédérations territoriales, elles ne sont pas suffisamment unies pour sortir du chapeau un candidat de terrain, un patron de PME, susceptible de faire l'affaire. En tout cas, pas encore.

Reste l'hypothèse (maintes fois mise en avant, y compris en 2010) d'une candidature d'un grand patron en exercice : un De Castries, Kessler, Fontanet, Riboud, Hennequin... Une idée qui semble plus que jamais relever du vœu pieu tant ces grands capitaines sont très occupés à tenir la barre de leur empire respectif, effectuent leur propre lobbying auprès des pouvoirs publics et se préoccupent en réalité peu du sort du Medef. L'un d'entre eux estime même que l'organisation patronale est devenue une coquille vide... Sans compter que le présidence de l'AFEP est vacante et qu'il va falloir d'ici septembre que l'un d'entre eux se sacrifie pour remplacer Maurice Lévy. Et quid de Geoffroy Roux de Bézieux, le patron de Virgin Mobile qui avait hésité à se lancer dans la course en 2010 pour mieux retenter sa chance en 2013 ? L'ancien patron de l'association CroissancePlus, rendu célèbre en 2006 lors de la crise du CPE, se démène actuellement pour tenter de ne pas boire la tasse depuis l'arrivée de Free sur le marché de la téléphonie mobile et a rendu tous les mandats patronaux qu'il détenait au titre du Medef.

Résultat - et même s'il est encore tôt - la conjonction de facteurs est extrêmement favorable pour que Laurence Parisot tente sa chance pour un 3è mandat. Les critiques à son égard, malgré une campagne électorale en demi-teinte, se sont même atténuées ces derniers mois. Pour l'heure, le Medef nie toute velléité de la présidente de penser à modifier les statuts ou même de se pencher sur sa succession. Toute son attention va à la résolution de la crise et à tenter d'atténuer le choc des premières mesures du nouvel exécutif de gauche, clairement en défaveur des entreprises. Elle est d'ailleurs actuellement à Los Cabos, au Mexique, pour le G20 et revient dans la journée pour assurer sa conférence de presse mensuelle demain matin. Suite au prochain épisode...

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Réponse de Laurence Parisot à qui j'ai posé la question, lors de sa conférence de presse du 19/06 : "C'est bien Marc, vous avez réussi à me faire sourire dans ce moment angoissant. J'ai envie de vous retourner la question : qui dit ça à Paris ? Parce que comme ce n'est pas moi j'aimerais bien connaitre la source de ceux qui ont de si sympathiques pensées. Mais ce n'est pas du tout le sujet aujourd'hui.On est loin de cette échéance et ce sont les échéances qui nous séparent de début juillet qui vraiment nous préoccupent chaque minute."

Crédit photo : Jean-Christophe Marmara / Le Figaro

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6 commentaires

Avatar BOURGOIST

Comment se débarasser légalement de Parisot, qui déclare, commande, fustige les décisions ou intentions du gouvernement, alors que le MEDEF n'est en rien une instance républicaine représentative en quoi que ce soit de la Nation, mais simplement l'institution privée (de tout bon sens même)qui s'arroge un abominable "droit"de domination par l'argent puant.
CLAUDE BOURGOIST.

Avatar Anonymous

Vous faites une erreur pour Geoffroy Roux de Bézieux : il a au contraire fait son entrée au Conseil exécutif du Medef en ayant pris la présidence de la FFT (télécoms). Plutôt le signe d'une ambition...

Avatar MM92

Autant nous sommes nombreux au sein du "réseau" Medef à entendre parler de cette tentation de modifier les statuts, autant je suis surpris par votre commentaire sur les critiques qui se seraient atténuées en interne au cours des derniers mois. Si elles vous sont moins souvent rapportées, c'est probablement car tout le monde attend que ça se termine... et a, jusqu'à présent, 2013 comme horizon. Car la période récente a été au contraire épouvantable (et non "en demi-teinte"):
- livre sur Marine Le Pen totalement décalé compte tenu du mandat actuel de son auteure ;
- engagement imprudent et excessif en faveur de Nicolas Sarkozy (le "bilan extraordinaire"... même ceux qui peuvent le penser s'efforçaient de nuancer !) ;
- une opération "Besoin d'aire" plus gadget que jamais ;
- l'obsession du B20 qui, à part avoir coûté très cher au Medef l'an dernier, n'a aucun intérêt concret pour l'entreprise française lambda ;
- des points marqués par la CGPME dans ses relations avec la nouvelle majorité et sur le terrain de la représentativité...
Donc le silence actuel en interne est surtout l'expression de la lassitude et de l'attente d'un nouveau départ pour le Medef.

Avatar Michel ABHERVE

Je comprends que votre analyse repose sur le vide sidéral du monde patronal, qui laisse celle qui est pour une large part, par sa pratique de présidente, responsable de cette faible implication des patrons dans ce qui est censé être leur organisation maitresse du jeu

Vosu avez peut-être raison, mais cela signifierait une telle faiblesse du monde patronal que je ne peux y croire

Avatar Largillier

Au point où en est le Medef, ça l'affaiblirait encore un peu plus, parce que ça donnerait une image encore moins représentative des entreprises et plus politique de l'organisation patronale.

Non que madame Parisot n'ait pas été à sa place, mais l'image des entreprises est aujourd'hui confondue avec celle de la finance et des banques, ce qui n'est pas bon du tout.

Avatar Noelloxx

Vite quelle s'en aille. Franchementpar temps d crise ilfaut quelqu'un à poigne car en plus il ne faut pas qu'au Medf on s'attende à des cadeaux de la Part d'un gouvernement Socialiste.
l faut un homme fort avec beaucoup de poigne, inflexible et prêt à faire du chantage a gouvernement.
Mmme Parisot vous n'auriez jamais du être élue.

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Les questions sociales, en constante évolution, sont complexes et difficiles à décrypter pour un non-initié. Et pourtant le social, comme l’économie, est au cœur de tout : de la vie des entreprises, des relations politiques, du dialogue syndicats/patronat, de la mondialisation, du quotidien des gens. Bref, au cœur de la vie.

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