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09 août 2014

"Ce qui est acquis, c'est l'explosion de l'Irak" - Entretien avec Olivier ROY

Roy.jpgL’histoire se répète-t-elle à Gaza ?

Si on s’en tient aux protagonistes, oui,  l’histoire bégaye. C’est la troisième opération militaire israélienne pour réduire la capacité militaire du Hamas et toutes ces opérations ont échoué. Les capacités du Hamas ont été limitées, mais dans deux ans on sera revenus à la case départ. Par contre, sur le plan régional, c’est très différent. Et là on est prisonniers d’une espèce de temps médiatique. Un événement occultant tous les autres. On n’a parlé depuis trois semaines que de Gaza et de ses répercussions en Europe, or le conflit israélo-palestinien n’a rassemblé à Paris que quelques milliers de personnes dans les rues. Dans le monde arabe, il n’y a rien eu. D’habitude il y a toujours d’énormes manifestations à Casablanca. Là, rien. Au Caire, rien. Pour une raison simple. C’est que les autres pays arabes ont d’autres choses à penser. Donc, je dirais que ce qui se passe à Gaza confirme selon moi la marginalisation du conflit israélo-palestinien par rapport à la géostratégie du Moyen Orient.

Cet entretien avec Olivier Roy, Professeur à l'Institut Européen de Florence, a été publié, dans une version courte, dans l'édition du samedi 9 août de Ouest-France.

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20 juin 2014

Ni empires ni nations... un chaos durable au Proche Orient ?

 

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Les cartes géographiques, ce sont les vainqueurs qui les dessinnent. Souvent, après un acte de force.  Généralement autour d’une table, au pied d’un traité de paix. Mais parfois aussi, en catimini. Ainsi, il y a cent ans, en mai 1916, la carte du Proche Orient fut-elle redessinée par deux hommes. Un Britannique, Sir Mark Sykes, et un Français, François-Georges Picot. Ils tracèrent  une ligne dans le sable. Pendant que les poilus croupissaient dans les tranchées, la diplomatie préparait l’avenir.

 

Crédit Photo : une carte extraite d'un article publié en 2006 sur le site Armed Forces Journal, indiquant la méthode suivie pour attiser les guerres civiles et les tensions ethniques afin de redessiner les frontières

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17 juin 2014

Mister Sykes, Monsieur Picot, where are you?

 

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STRATEJI-ANALIZ ORTADOGU’NUN ESKI SÖMÜRGECI GÜÇLERI BIRBIRININ ALANINA KARISMIYOR… AMERIKA KIM - Windows Internet Explorer.jpgL’un des grands connaisseurs du Proche Orient, le grand reporter et écrivain Robert Fisk, l’affirmait de façon catégorique dans son quotidien, The Independent, ce week-end. Ce qui est en train de se passer en Irak marque la fin du découpage du Proche Orient tel que nous l’avons connu depuis près d’un siècle. En fait, la fin du fameux accord secret que signèrent, en mai 1916, deux diplomates : le Britannique Sir Mark Sykes et le Français François-Georges Picot. Nous sommes alors en pleine Première Guerre mondiale, et à Londres comme à Paris il ne fait aucun doute que parmi les victimes de ce conflit, on comptera l’Empire Ottoman. Les deux capitales décident alors de se répartir les zones d'influence. Il s’agit de redessiner les contours des provinces d’Orient de cet empire. Les territoires qui de l’Anatolie au Nil et du littoral méditerranéen au Tigre et à l’Euphrate appartiennent aux Etats modernes que nous connaissons : Liban, Syrie, Irak, Jordanie, Palestine, Israël. Les deux hommes tracent une ligne diagonale sur cet espace, du Nord-Est au Sud-Ouest. La France se réserve initialement le Liban, la Syrie et la région de Mossoul (en Mésopotamie) sur laquelle les Britanniques reprendront la main dans un deuxième temps, forts de leurs succès militaires. La Grande Bretagne, elle, s’adjuge le reste de l’Irak, la Transjordanie, elle laisse dans un premier temps la Palestine sous mandat international mais finira par la prendre dans son giron, lorsque l’accord ne sera plus secret mais confirmé à la Conférence de San Remo, en 1920.

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16 juin 2014

L'axe du mal renversé : vers une coopération USA-Iran contre les Djihadistes

 

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Les négociations sur le programme nucléaire irakien avaient ouvert la voie à une normalisation des relations américano-iranienne. La déstabilisation de l’Irak paraît sur le point de la consacrer. Car l’avancée au Nord de l’Irak des troupes djihadistes de l’EIIL, l’Etat islamique en Irak et au Levant, est en train de changer la donne. La faiblesse du Premier ministre irakien, le chiite al-Maliki, son incapacité ou plutôt son refus d’intégrer la communauté sunnite au pouvoir, ont ouvert un boulevard à l’EIIL. Forte de se soutiens financiers en provenance du Golfe et de ses moyens en armes, en hommes et du retournement de milliers de soldats sunnites au sein de l’armée. Le blitz de l’EIIL exige une réaction rapide, que le gouvernement de Bagdad est incapable de lancer. Pour éviter la création d’un Djahidistan, à cheval entre la Syrie et l’Irak, les Occidentaux ne peuvent plus compter que sur les Kurdes, sur … Assad et sur…  Téhéran. Par la voix de John Kerry, le Secrétaire d’Etat, les Etats-Unis ont ainsi fait savoir ce lundi qu’ils étaient prêts à collaborer avec l’Iran pourvu que la progression de l’EIIL soit stoppée.  « Je n’excluerais rien qui puisse être constructif » a-t-il déclaré.

Crédit photo : capture d'écran de l'état des positions de l'EIIL au 10 juin, par l'Institut of War

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15 juin 2014

Identité et mémoire juive en pays arabe : un appel à la directrice de l'Unesco...

 

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Le 12 juin, la directrice générale de l'Unesco recevait deux délégations d'organisations juives, le CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France) et le JJAC (Justice for Jews from Arab Countries), qui tient actuellement son congrès à Paris. Au cours de cette rencontre, Yves Fedida, qui milite depuis de nombreuses années pour la mémoire des communautés juives d'Egypte, a fait cette adresse à Mme Irina Bokova. Ce texte témoigne, comme tant d'autres lorsque le récit d'une histoire personnelle en dit plus long que tous les discours, de la terrible détérioration du vivre ensemble au Proche Orient depuis un demi-siècle. En 1940, plus de 80 000 Juifs vivaient en Egypte, ils ne sont que quelques dizaines aujourd'hui. Il nous semble opportun d'en relayer la diffusion de ce texte diffusé par le Crif dans son bulletin du 13 Juin.

 

 

Madame le Directeur Général,

Je suis né juif en Égypte il y a près de 70 ans. J'aurai pu naître musulman à Haïfa ou Chrétien à Beyrouth. Cependant cette naissance m'interdit à ce jour de célébrer mon histoire, de mettre en valeur mon passé et de préserver ma culture. À l'exception d'un court intermède de quelques années au cinquième siècle de notre ère, l'Égypte a compté une communauté juive de manière ininterrompue depuis le sixième siècle avant notre ère.

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13 juin 2014

Mossoul : une alliance entre les anciens baasistes et l'EIIL ?

 

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Orient XXI - Windows Internet Explorer.jpgLa prise de Mossoul a-t-elle été favorisée par une alliance entre les combattants de l'EIIL, l'Etat islamique en Irak et au Levant, et les anciens réseaux baasistes de feu Saddam Hussein? C'est ce qu'affirme Feurat Alani, (ancien correspondant de Ouest-France en Irak) dans un long article paru aujourd'hui sur le site de la revue numérique Orient XXI. Voici un extrait :

« L’amalgame que Al-Maliki faisait de l’insurrection entre « les membres d’Al-Qaida et les baasistes » est devenu une réalité. Des groupes d’insurgés autrefois rivaux et aux idéologies opposées coopèrent désormais à Mossoul et dans toute la province de Ninive. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’EIIL n’est pas seule. Abou Imad, combattant et membre d’une grande tribu ayant des ramifications à Mossoul et à Tikrit, était présent lorsque l’armée irakienne a fui la deuxième ville d’Irak. Selon lui, la conquête de Mossoul s’est faite avec des membres de l’ancienne armée irakienne. C’est cette dernière qui aurait conseillé de prendre l’aéroport de Mossoul, le siège de la télévision locale et le gouvernorat. « Mossoul a beaucoup de points en commun avec Bagdad. C’est une grande ville où toutes les confessions cohabitent. Mais la seule différence avec Bagdad, c’est qu’elle est restée très peuplée d’anciens cadres de l’ancien régime. Aux yeux de Maliki, elle concentre tous les fantasmes et toutes les peurs de l’ancien régime. Il le sait, ce n’est que le début, la prise de la région de Ninive toute entière va provoquer une chute de dominos qui emportera Bagdad », ajoute-t-il.»

L'intégralité de l'article, c'est ICI

02 avril 2014

"Egypte : tout cela pour ça! " - Tribune de Dominique Moïsi*

 

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3695015936_2.jpgTrois ans après le renversement de Moubarak, un sentiment grandissant d’humiliation et d’amertume gagne l’Égypte. Pour les manifestants de la place Tahrir, que de victimes inutiles, que d’espoir de changement déçu ! L’expérience des Frères musulmans, venus légalement au pouvoir après des élections globalement démocratiques, a été un échec retentissant. Loin d’être le Président de tous les Égyptiens, Morsi n’a été qu’un chef de parti intolérant et incompétent.

* Conseiller spécial de l’Institut français des relations internationales (Ifri).

 

Crédit Photos : Reuters

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15 mars 2014

"La Syrie promise"

 

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B50A1650_copienet_cle053971-f55a3.jpgTrois ans. Cela fait trois ans que la Syrie est entrée dans une spirale infernale. De la contestation initiale, il reste surtout un carnage quotidien. Morts, blessés, déplacés, réfugiés. La population civile syrienne paie le prix fort, pris en étau entre la cruauté d’un régime sanguinaire et la férocité des combattants djihadistes venus du monde entier, assoiffés par le sang. Pour évoquer la Syrie sans nécessairement se plonger dans le bilan humanitaire dramatique qui nous parvient tous les jours de Damas, un livre vient de sortir. Il est écrit par Hala Kodmani. Elle est journaliste. Elle a reçu, en décembre, le Prix de la Presse diplomatique pour ses reportages dans le Nord de la Syrie, notamment pour l’Express et le quotidien Libération.  Elle est née à Damas. Elle n’y a pas vraiment vécu, sa famille ayant tôt fait le choix de s’installer en France. Avant le 15 mars 2011, elle avait déjà conçu d’écrire ce livre pour retisser le fil de ses origines. Et puis… l’Histoire s’est emballée.

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12 mars 2014

Aider les enfants syriens !

 

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« En état de siège – Trois années d’un conflit dévastateur pour les enfants en Syrie » . C'est le titre d'un rapport publié par l'Unicef, le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance. Il estime que 5,5 millions d'enfants sont victimes du conflit, victimes de "dommages considérables". Tués. Blessés. Traumatisés. Déplacés. Réfugiés. Orphelins. Depuis trois ans, rien n'a été épargné aux enfants syriens. L'Unicef estime à 2 millions le nombre d'enfants qui ont besoin d'une aide psychologique. Le rapport attire l’attention de la communauté internationale sur la souffrance vécue par les enfants et leurs familles qui, pendant des mois, ont été bloqués dans les régions en état de siège. Coupés de toute assistance, vivant dans des décombres et peinant à trouver de quoi manger, beaucoup d’enfants syriens se retrouvent sans protection, sans soins médicaux, sans assistance psychologique et sans accès, ou à peine, à l’éducation. Dans les cas les plus extrêmes, des enfants et des femmes enceintes ont été intentionnellement blessés ou tués par des tireurs embusqués. Dans les pays d’accueil, on compte à présent 1,2 million d’enfants réfugiés syriens vivant dans des camps et des communautés d’accueil débordées et ils n’ont qu’un accès limité à de l’eau propre, à une alimentation nutritive ou à la possibilité d’étudier.

Crédit Photo REUTERS/Hosam Katan

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10 mars 2014

Syrie : le régime affame les civils - Rapport Amnesty International

 

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« Les forces syriennes se rendent coupables de crimes de guerre en utilisant comme tactique de guerre le fait d’affamer des civils. Les récits poignants de familles qui se résignent à manger des chats et des chiens et de civils qui se font tirer dessus par des snipers alors qu’ils sont en quête de nourriture, témoignent de l’horreur qui est devenue la réalité pour les habitants de Yarmouk ». C'est la conclusion à laquelle est arrivé Philip Luther, directeur du programme Afrique du Nord/Moyen Orient d'Amnesty International. Dans un rapport intitulé Squeezing the life out of Yarmouk: War crimes against besieged civilian, l'organisation humanitaire révèle des civils palestiniens et syriens à Yarmouk, en périphérie de Damas, ont été depuis des mois les victimes d'une stratégie visant à les affamer. Près de 200 personnes sont mortes depuis que le siège a été durci en juillet 2013 et que l’accès aux denrées de base et aux fournitures médicales a été bloqué. D’après les recherches menées par Amnesty International, parmi ces victimes, 128 sont mortes de faim durant la crise humanitaire catastrophique qui s’est déclenchée. Certains habitants n'ont pu manger de fruits et de légumes depuis des mois. Un kilo de riz est vendu jusqu'à 72 euros au marché noir. Le camp de Yarmouk est sans électricité depuis le mois d'avril 2013. Samedi 15 mars, le week-end prochain, à l'occasion du troisième anniversaire des premiers soulèvements populaires contre le régime d'Assad, aura lieu à Paris une grande veillée de solidarité place du Trocadéro le 15 mars à 19h, aux côtés de la diaspora syrienne et de plusieurs autres associations, pendant laquelle sera projeté le hashtag #AvecLesSyriens sur la tour Eiffel dans le cadre d’une mobilisation internationale.