Salaire au féminin : pourquoi ça bloque ?
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Salaire au féminin : pourquoi ça bloque ?


Selon les études, les femmes gagnent toujours entre 17 et 30% de moins que les hommes. Et ce malgré la loi sur l'égalité salariale au travail. Alors pourquoi un tel plafond de verre et comment les femmes peuvent-elles s'y prendre pour le briser ?

Un job intéressant ! Pour nous, les femmes, l’intérêt du travail primerait sur tout le reste. Tant pis pour le salaire (parfois de misère), pourvu que le job soit épanouissant. « Se soucier des autres et ne pas vouloir les blesser, c’est bien et honorable mais cela ne s’oppose pas au fait d’être payée à sa juste valeur. Soit aussi bien voire mieux que les hommes, quand c’est justifié. Osez parler d’argent est donc primordial », insiste Laurence Dejouany, psychologue et membre honoraire du Cercle Interelles, qui a organisé, le 16 février à Paris, un atelier « les femmes face à la négociation salariale : freins et moteurs ».

Connaître votre rémunération à l'euro près

Pour briser le plafond de verre, encore bien épais, mesdames, vous devez d’abord prendre conscience que l’adage « au boulot, une femme se doit d’être désintéressée » n’est qu’un stéréotype. La preuve, quand vous négociez des contrats commerciaux avec des clients, là on ne vous demande pas de passer outre le problème d’argent. Soyez également consciente que si votre salaire reste trop bas, vous ne serez pas crédible pour prétendre à des futures responsabilités. Il faut donc OSER. Oser demander, oser se vendre…

Pour négocier une augmentation ou tout simplement un rattrapage salarial, sachez exactement combien vous percevez actuellement. Ne faites pas comme cette directrice administrative et financière qui, lors de son entretien annuel, a déclaré gagner entre 60 000 et 80 000 euros par an. Une fourchette trop large. « Les femmes doivent non seulement connaître leur salaire à l’euro près mais aussi maîtriser le montant de leur part variable, du fixe, les avantages en nature… », souligne Laurence Dejouany. Vous devez également vous benchmarker en externe et en interne. « Demandez aux hommes combien ils gagnent, ils en parlent volontiers », constate notre experte.

Le congé maternité doit être sans impact

Avec votre rémunération annuelle, les écarts avec le marché externe et les écarts internes hommes-femmes… en tête, vous voilà parée pour négocier avec votre manager. Selon les entreprises, on évoque le salaire à la fin des entretiens annuels d’évaluation ou lors d’un entretien disjoint. Quel que soit le cas de figure, arrivez avec des données quantitatives et qualitatives objectives quant à vos résultats. Faites valoir votre valeur ajoutée sur l’image de marque de l’entreprise, sur votre capacité à gérer des conflits, votre personnalité, vos compétences relationnelles…

« Toute demande doit être objectivée », insiste Laurence Dejouany. On vous oppose une absence de 6 mois pour congé maternité et congé parental ? Qu’à cela ne tienne, vous avez quand même performé durant la moitié de l’année. Votre salaire n’a pas à en pâtir. Certaines entreprises, comme Accenture, ont d’ailleurs pris le parti de neutraliser les absences inférieures à 6 mois, dans le système d’évaluation de la performance. « Au final, cette objectivation a permis de promouvoir ou d’augmenter bon nombre de femmes en congé maternité mais aussi quelques hommes», explique Armelle Carminati, directrice générale du capital humain et de la diversité d’Accenture Monde.

Proposer un étalement dans le temps

Votre manager vous renvoie dans les dents votre temps partiel pour vous refuser une augmentation ? «Les femmes ne font pas payer leur 4/5eme à l’entreprise, ce sont elles qui en assument déjà la perte salariale. Elles n’ont donc pas à être en dette vis à vis de l’entreprise. Au contraire, il est tout à fait légitime qu’elles réclament aussi des augmentations de salaire », insiste Laurence Dejouany.

Si un rattrapage salarial important s’impose, pourquoi ne pas proposer au DRH un étalement dans le temps. « Pensez également à demander un changement de coefficient, le rattrapage sera ainsi plus rapide », souligne Laurence Dejouany...

Enfin, sachez faire des hommes vos alliés. « Les femmes que je croise et qui décrochent des évolutions salariales ont la plupart du temps été coachées et entraînées par des hommes », observe Laurence Dejouany.

Sylvie Laidet © Cadremploi.fr



Commentaires

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Vos réactions
  • aglaé
    Bonjour,

    Vous ne donnez aucun élément sur les salaires dans le champ de la santé de la recherche para publique ??

    Avez vous des éléments?

    Merci CDLT

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  • Laurence Dejouany
    Tout ceci est développé dans le livre que je viens de publier à L'Harmattan: "Les femmes au piège de la négociation commerciale- ou Comment demander de l'argent à son patron sans le fâcher..."

    Répondre