LIRE AUSSI. Eoliennes en mer. Iberdrola annonce la création de 2000 emplois

Notre dossier sur les enjeux économique de l'éolien offshore


« Nous n’étions pas favorables, mais l’importance des retombées pour notre région a pesé sur nos négociations avec les opérateurs. » Le commentaire de Daniel Lefèvre, président du Comité régional des pêches de Basse-Normandie résume l’état d’esprit général dans l’Ouest. Personne ne voulait manquer le rendez-vous du premier « grand chantier » d’éoliennes marines.

Les chiffres font en effet rêver. « La sélection de ces lauréats permet le déploiement de 2 000 MW, un investissement de 7 milliards d’euros, et la création de 10 000 emplois industriels directs en Pays de la Loire, Bretagne, Basse-Normandie et Haute-Normandie » indique Eric Besson, ministre de l’Économie. Des usines de fabrication (turbines, pâles et mâts) seront implantées à Saint-Nazaire, Cherbourg et Le Havre. « Des usines d’assemblage et de fondations seront également créées à Saint-Nazaire, Brest, Cherbourg et Le Havre. »

Par ailleurs, des centres d’exploitation et de maintenance seront localisés à La Turballe, Saint-Brieuc (Saint-Quay-Portrieux), Ouistreham, et Fécamp. On parle de cent cinquante emplois sur chacun de ses quatre ports. De quoi doper l’économie régionale. Le consortium Iberdrola-Eole-RES s’engage à « donner une place privilégiée aux industriels de la région ». Première société à se réjouir, la Lorientaise, Nass & Wind Offshore. Seule PME française indépendante liée au consortium EDF EN, elle a investi près de 12 millions d’euros. « Sa contribution a consisté à réaliser des études environnementales et techniques (vent, eau, sol) », indique son porte-parole Xavier Ferrey.
 


Premières embauches début 2013

« Nous allons démarrer la construction des usines dès 2013 », indique Jérôme Pécresse, PDG d’Alstom énergies renouvelables. Les premières embauches devraient s’effectuer dans les mêmes délais. « Avec les régions, nous avons conçu des plans de formation pour nos futurs salariés. Ces trois premiers sites nous permettent de lancer une filière industrielle dont la vocation est de conquérir des marchés étrangers. » Les projets britanniques, cinq fois plus importants que le programme français, « mais aussi allemands avec lesquels nous avons déjà des discussions très avancées », sont en ligne de mire. Pour confirmer l’avance technologique de son éolienne de 6 MW, Alstom va aussi ouvrir un centre d’ingénierie et de recherche et développement dédié aux énergies marines. « Implanté en Pays de la Loire, il s’agira du premier et unique centre de ce type en France », souligne Jérôme Pécresse. Il emploiera deux cents personnes.

Créatrices d’emplois pour leur construction, leur implantation et leur entretien, les éoliennes offshore seront aussi source de revenu en fonctionnement. Une taxe spéciale (24 millions d’€ par an pour les quatre parcs) sera distribuée à 50 % pour les communes littorales impactées, 35 % au Comité national des pêches et 15 % affectés au financement de développement durable d’activités maritimes.

Les deux consortiums ont 18 mois pour dire s’ils donnent suite ou non. Après, commenceront différentes procédures de consultation. Sauf recours, les premières hélices marines devraient tourner en 2016. D’ici là, « un nouvel appel d’offres sera lancé au second semestre 2012 pour de nouvelles zones, comprenant notamment le Tréport et Noirmoutier » s’engage Eric Besson. Deuxième appel d’offres qui aurait dû tomber maintenant, mais se heurte à de nombreuses oppositions.

Jean-Pierre BUISSON.