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Année noire pour l'emploi dans le BTP

Dans le bâtiment, 6800 postes ont été supprimés au premier trimestre.

Dans le bâtiment, 6800 postes ont été supprimés au premier trimestre. Crédits photo : François BOUCHON/Le Figaro

Euler Hermes estime que le secteur pourrait perdre jusqu'à 180.000 postes cette année.

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Peut-être pas un cataclysme mais une sacrée saignée. Selon Euler Hermes, le BTP va perdre 160.000 à 180.000 emplois cette année. Soit près de 10 % de ses effectifs. «La conséquence logique des 15.000 défaillances d'entreprise que nous escomptons dans ce secteur», explique Ludovic Subran, chef économiste de l'assureur crédit.

Peut-être parce qu'elles ne font pas de projections sur le nombre de liquidations dans leur métier, les fédérations professionnelles sont moins alarmistes. Mais elles tablent aussi en 2012 sur des pertes d'emplois conséquentes: 35.000 dans le bâtiment et 5000 à 10.000 dans les travaux publics. Dans le bâtiment, 6800 postes sont déjà partis en fumée au premier trimestre.

C'est qu'après un exercice 2011 de reprise, tous les indicateurs ont basculé dans le rouge. En 2012, la FFB (Fédération française du bâtiment) anticipe un recul de l'activité de 1,9 % cette année et la FNTP (Fédération nationale des travaux publics) table sur une baisse de 5 à 6 %. Selon Euler Hermes, les entreprises du secteur de la construction verront aussi leur rentabilité tomber, en moyenne, à 3,4 % contre 3,6 % en 2011.

Mises en chantier en recul

Des perspectives sombres qui ont plusieurs causes. «Nous souffrons de la diminution des avantages fiscaux (recentrage du PTZ + sur le neuf, reformatage à la baisse du dispositif Scellier et du crédit d'impôt développement durable) qui plombent la construction de logements neufs et l'amélioration des anciens», estime Didier Ridoret, président de la FFB. Et la situation n'est pas près de s'améliorer car, selon Euler Hermes, le pouvoir d'achat va baisser de 0,4 % en France en 2012.

Dans les travaux publics dont le chiffre d'affaires est réalisé à 45 % avec les collectivités locales, c'est la mise en place tardive d'une banque publique pour remplacer Dexia qui pose problème. Avant-hier, le président de la FNTP, Patrick Bernasconi, attirait l'attention sur le fait qu'il manquerait très vite 10 milliards de crédit long terme. «Cela pourrait alors faire baisser le chiffre d'affaires fait avec les collectivités locales de 10 à 20 %», précise-t-il.

Compte tenu de ces éléments, les professionnels appellent de leur vœu la mise en place d'aides à leur filière. «Si le gouvernement n'annonce pas très vite un dispositif d'incitation fiscale efficace pour remplacer le Scellier dès janvier 2013, on risque de passer sous la barre des 300.000 mises en chantier l'année prochaine», prévient Didier Ridoret. Dans ce paysage sombre, les projets gouvernementaux suscitent quand même quelques espoirs. «La mise à disposition gratuite de terrains envisagée par le gouvernement Ayrault pour construire plus va dans le bon sens», estime ainsi Ludovic Subran.

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