[Ga: een map omhoog, voorpagina, ]

Mise à jour

Les nouvelles cibles des rebelles syriens

Le 17 mars dernier, un bâtiment des services secrets de l'armée de l'air syrienne a été détruit par un attentat à la voiture piégée.

Le 17 mars dernier, un bâtiment des services secrets de l'armée de l'air syrienne a été détruit par un attentat à la voiture piégée. Crédits photo : Bassem Tellawi/AP

L'insurrection privilégie désormais les kidnappings et les attaques contre des symboles du pouvoir.

Publicité

Guérilla urbaine, attaques ciblées, attentats: après leur défaite à Homs et Idlib, les insurgés sont à la recherche de nouveaux modes d'action contre l'appareil sécuritaire syrien, qui ne montre pas de signe de faiblesse, un an après le début de la révolte contre le régime de Bachar el-Assad.

Sans intervention militaire extérieure, ni création d'une «zone libérée» aux frontières turque ou jordanienne, les rebelles en sont réduits à espérer d'hypothétiques livraisons d'armes par l'Arabie saoudite ou le Qatar. À l'avenir, «nous devrions assister à davantage d'attaques ciblées contre des casernes de l'armée ou des barrages militaires, afin d'inciter les soldats encore loyaux à rejoindre la rébellion», estime un diplomate occidental, qui s'attend également à d'autres attentats à la voiture piégée contre des symboles du pouvoir, marque de l'influence grandissante des djihadistes parvenus sur le sol syrien, depuis le Liban et l'Irak, notamment.

Ne pas reproduire l'erreur de Homs

Les signes d'une intensification des opérations contre des membres des forces de sécurité se multiplient. La semaine dernière, le général Mohammed Omar al-Derbas, pilote de l'armée de l'air, a été kidnappé près de Damas, tandis que, non loin d'Alep, quatre hommes en armes à bord de leur véhicule ont tué en plein jour les colonels Abdel Karim al-Raei et Fouad Shaaban. Deux opérations ciblées destinées à montrer que les fidèles du régime doivent y réfléchir à deux fois avant de continuer à le soutenir. En réaction, Damas a accusé ses opposants de viser «des experts». Depuis le début de la révolte, plus de 2000 membres des forces de sécurité ont été tués par les révolutionnaires, soit 20% des pertes totales. Et la tendance s'est renforcée ces derniers mois. «Je viens de recevoir une liste de vingt officiers qui ont été liquidés par les insurgés», affirme le général Akel Hachem, proche des déserteurs de l'Armée syrienne libre (ASL).

Sans le dire ouvertement, de peur de renforcer les craintes parmi la masse des indécis, de nombreux activistes militent pour un glissement vers une guérilla urbaine. Les deux heures de combat nocturne à l'arme automatique, il y a trois semaines, dans le quartier résidentiel de Mezzeh, à Damas, pourraient préfigurer ce type d'affrontements face à l'armée régulière. «L'erreur de concentrer (de très nombreux insurgés, NDLR) dans un seul endroit, comme Baba Amro à Homs, ne sera plus commise», assurait récemment au Journal du dimancheBasma Kodmani, l'une des principales dirigeantes du Conseil national syrien (CNS), la vitrine de l'opposition en exil.

Priorité aux petites unités

Priorité est désormais donnée aux déplacements de petites unités pour attaquer les forces de sécurité qui devraient se redéployer à la périphérie des villes et des villages, si le plan Annan (lire ci-dessous) est appliqué par le régime. D'où les besoins des insurgés en système de communication sécurisée, que les Occidentaux ont promis de leur fournir. Mais, en face, l'armée syrienne a elle aussi tiré les leçons des récentes pertes de ses hommes. Elle vient de recevoir de son allié iranien du matériel lui permettant de sécuriser les communications de ses unités déployées dans le Nord, où des soldats imprudents avaient trop parlé de leurs mouvements, affirme une source en contact avec le régime à Damas.

Jusqu'à maintenant, les déserteurs de l'ASL se concentraient dans les villes, permettant à leurs habitants de continuer à y vivre. À la périphérie, les soldats et miliciens forment un cordon, et c'est là qu'ont lieu la plupart des affrontements. Mais, pour infliger des pertes conséquentes à leurs ennemis, «les combattants ont besoin d'armes lourdes», ajoutait Mme Kodmani, toujours favorable à la militarisation du mouvement de contestation, malgré les critiques américaines et françaises.

Pour d'autres, ce virage n'est qu'un choix par défaut. «Les généraux syriens sont très bien protégés derrière leurs gardes du corps et leurs véhicules blindés. Ce n'est pas facile de les kidnapper ou de les abattre», constate le général Hachem. D'autre part, le déploiement de l'armée syrienne à travers le pays rend difficile l'organisation de la révolte sous un commandement unique, l'une des priorités, pourtant, de l'opposition. «C'est pourquoi il nous faut absolument une mini-intervention extérieure qui établirait une zone protégée où les insurgés se regrouperaient et formeraient un commandement, insiste le général Hachem. Hélas, les circonstances nous restent très défavorables.»

Vers un pourrissement

Et une guérilla urbaine ne constituera pas une menace existentielle pour le pouvoir, regrette un diplomate à Damas, qui craint un pourrissement de la situation avec l'arrivée d'armes du Liban et surtout d'Irak. «Il sera difficile ensuite de s'en débarrasser. Il rentre beaucoup de matériel américain et britannique d'Irak, des équipements neufs laissés sur place», note ce diplomate.

Des trafics facilités par la désorganisation de l'armée irakienne, après le retrait américain. Selon lui, «la Syrie risque de revivre les mêmes heures qu'au début des années 1980 avec des attentats islamistes contre le régime d'Hafez el-Assad, et des assassinats ciblés». Avec une répression généralisée en prime.


Le régime pilonne les rebelles avant de retirer ses troupes

L'armée a bombardé mercredi les bastions rebelles, malgré la promesse de Bachar el-Assad de retirer ses troupes et d'appliquer «immédiatement» le plan Annan, soutenu par l'ONU et la Ligue arabe. Homs, Deraa et des localités près d'Idlib ont subi les assauts des forces gouvernementales. L'offensive militaire a fait près de cent morts ces derniers jours. Le retrait des chars est pourtant l'un des principaux points du plan Annan que Damas s'est engagé à appliquer d'ici au 10 avril. La Russie a affiché, de son côté, sa certitude d'une victoire militaire de son allié syrien, même si l'opposition était armée «jusqu'aux dents». «On aurait alors un carnage pendant de longues années», estime Sergueï Lavrov, le ministre des Affaires étrangères. Sur le terrain, le chef de la Croix-Rouge internationale, Jakob Kellenberger, est allé mercredi à Deraa, le berceau de la révolte. Une équipe de l'ONU doit se rendre sous 48 heures en Syrie pour préparer le plan de déploiement des observateurs, censés surveiller la cessation des hostilités.

LIRE AUSSI:

» De l'argent à défaut d'armes pour les insurgés syriens

» Les rebelles affrontent l'armée à Damas

» Syrie: trois attentats avant une médiation 

Services Partenaires

 

Réagir à cet article

Publicité

41 commentaires

  • Les tueurs en série "syriens" essentiellement salafistes pavoisent au nord du Liban où ils viennent pour se reposer et se soigner tranquillement aux frais des contribuables libanais. C'est un échantillon représentatif de l'opposition syrienne multiple et avariée qui s'est fait interviewé par Der Spiegel récement dans un hopital libanais à Tripoli sous la garde de l'ALS. Le titre de l'article que le der Spiegel leur a consacré s'intitule "les bourreaux de Bab Amro" c'est dire! Les insurgés soignés au Liban donc décontractés et en confiance y racontent fièrement leurs exploits quotidiens. Un récit abjecte de fanatiques extrêmes racontant leur quête de victimes de l'autre bord à kidnapper (ayant des appartenances politiques et religieuses opposées aux leurs) et comment ils les égorgeaient ou décapitaient leur tete ou quand ils étaient dans un bon jour leur mettaient une balle entre les 2 yeux. Et ce n'est que la partie émergée de l'iceberg. On découvrira hélas avec le temps des horreurs et des histoires à coucher dehors autrement plus massives et barbares. Alors les irréductibles gogol comprendront enfin qu'entre une armée régulière qui obéit à des ordres et que ses responsables pourraient etre éventuellement questionner voire juger et des hordes d'extrémistes religieux cagoulés sans foi ni loi qui kidnappent, terrorisent, violent et égorgent, couverts par nos politiciens, il n'y a pas photo!!

  • Ceux qui ont de l'humour ironique vont être ravis du scenario Egyptien qui se dessine. Le "Printemps Arabe" qui avait opportunément permis de dégager Moubarak et Ben Ali juste avant l'intervention de l'OTAN en Libye (ainsi prise en tenaille) va, après la Tunisie, amener légalement les "Barbus" au pouvoir en Egypte. Les Israéliens en sont complètement atterrés et leur désarroi est palpable dans la Presse - - "Former Egyptian intelligence strongman Gen. Omar Suleiman’s decision, finalized Thursday, April 5, to drop out of the presidential race in the June election shocked Washington and Jerusalem and dashed their hopes of a figure capable of halting or at least offsetting the Muslim Brotherhood’s monopoly of power in post-Mubarak Egypt. The Supreme Military Council ruling Egypt, the SCAF, concluded in a series of secret conferences that Brotherhood and radical lslamist power had become unstoppable, debkafile’s military and intelligence sources report.(...)" http://www.debka.com/article/21890/

    • je ne sais pas..ça m'a étonner aussi...quand a votre commentaire je l'accepte volontier..mais je maintiens ce que j'ai dit..le regime d'ASSAD depuis 40 ans utilise son pouvoir de déstabilisation régionale comme un moyen a faire avancer sa politique

  • Tiens donc, maintenant il ne s'agit plus "d'opposants à une dictature tyrannique" mais de "rebelles" et "insurgés". Quand est ce que les médias nous avouerons qu'il s'agit en fait de "terrorristes" pronant la mise en place d'un régime bien plus extrémiste ? Heureusement que la communauté internationale a eu trop peur des russes et des chinois pour intervenir! ouf...

  • Des rebelles qui font des attentats, tuent des officiers et organisent des kidnappings, ça s'appelle des terroristes dont chaque action est en violation flagrante des droits de l'homme.
    Sont-ce eux que Juppé soutient ?
    Bon, il est vrai que ce qui se passe au Mali, et qui découle de notre intervention en Libye, démontre que notre Ministre n'est pas particulièrement doué pour les affaires internationales. Mais enfin, tout de même, le discernement entre le bien et le mal n'est pas réservé à la classe moyenne, que diable !

  • Faire l'apologie de crimes terroristes n'est-il pas punissable?

  • Peut-être que la "Doctrine BUSH" n'avait pas prévu le scenario MALIEN dans son "Grand Moyen Orient " ? Les multiples mises en garde des Russes et Chinois lors de l'attaque de la Libye par l'OTAN se concrétisent malheureusement et la contagion Malienne menace toute la région, alors avant d'avancer plus loin dans le "scenario Syrien" nos néo-conservateurs bellicistes devraient étudier plus finement les conséquences d'une destruction de la Syrie débouchant sur une nouvelle anarchie dans une région déjà bien déstructurée.

    • il est toujours bon de vous rappelez que c'est obama qui est le president des USA acutellement..et que les dégats que Bush avait fait sont bien réels mais non rien à voir avec ce qui se passe en syrie aujourdhui où un dictateur sanguinaire (qui couru rencontré au premier signe d'ouverture dans le temps, d'obama et sarkozy aprés leurs elections)est entrain de massacrer son peuple ,pretendant avec sa propagande(dont vous êtes avec vigipirate et hop lint des illustres representants ),qu'il fait face a un complot islamo americain...changer le disque il est rayé a force de tourner

      • A Dabbour,
        Ce qu'essaient de dire ceux que vous avez tenté de salir est d'une simplicité biblique à la portée de tous: entre 2 situations désagréables, les syriens (pas vous ni nous) ont deja choisi très justement et définitivement la moins pire, soutenir Bachar. C'est plié, faut savoir lire et décrypter les signaux et passer à autre chose!
        Que ça vous plaise ou pas, que ça apaise votre haine primaire ou pas, les oppositions syriennes diverses et avariées font peur par leurs idéologies barbares, par leurs divisions, par les pays moyen-ageux qui les nourrissent et surtout par leurs actes quotidiens de fanatiques écervelés que tout syrien a pu voir et constater de ses propres yeux. Néanmoins, il est démontré que qq soit la situation, les derniers à la comprendre sont les plus fanatisés (le meilleur combustible qui soit). Alors bon courage dabbour!!

      • @Dabbour Dans le cadre du " Grand Moyen Orient " l'Emir du QATAR s'est déjà déplacé en Mauritanie pour insulter à domicile le Président Mauritanien. Si vous prenez la peine de regarder " Doctrine Bush " sur Wikipedia vous verrez que après la Syrie (la Libye, l'Egypte, la Tunisie, etc...) sont prévus au planning neo-conservateur la Mauritanie et l'Algérie. Ces deux pays le savent très bien, l'Algérie a même noté que la DGSE recrute déjà allègrement des Cadres Algériens. - - " Les universitaires et les responsables sont la cible préférée des services secrets français.
        La DGSE recrute des chercheurs algériens (...)" http://fr.elkhabar.com/?La-DGSE-recrute-des-chercheurs

        • complot complot complot..vous ne voyez que ça..même si c"etait vrai... les premiers responsables sont les dirigeants de ses pays qui avec leurs mauvaises gouvernance ont pousser leurs peuples aux extrémismes et fanatismes..l'oppression, la coruption, les inégalités ne pouvaient mener qu'a ca..( egypte tunisie syrie lybie et ca m'etonnerait pas l'algerie ) ont tous les conditions socio eco de ce qi passe..lisez le rapport de la pnud sorti il y a dix ans déja sur la liberte et develoment humain dans le monde arabe et vous verrez bien que ce qui se passe n'est qu'un resultat mais les dirigeant arabe aveuglé par le pouvoir et l'argent facile ne l'ont pas vu ...

  • Les insurgés sont des islamistes téléguidés par la CIA contre le pouvoir syrien
    Voilà comment procède le nouvel ordre mondial ….

    UN GRAND NETTOYAGE RUSSE S'IMPOSE !!!!!!!!

  • Ces journalistes : ils parlent d'enlèvement, d'attentats...et autres comme de la construction d'une maison ou d'une découverte scientifique lorsqu'il s'agit des rebelles. Quand c'est le gouvernement, on entend autre chose...

  • On devrait faire cela aussi en France ! L'ONU et les Etats-Unis nous y aideraient sûrement puisque nous ne sommes pas contents de notre gouvernement !!!!