Caroline Lenoir et son mari Damien emploient trois salariés et deux apprentis, dans leur boulangerie.
« Il faut avoir la passion... »
À 14 ans, elle commence par un stage d'été dans l'Orne. Emballée, elle réitère l'expérience à Sourdeval, lors de son stage de 3e. « Mon patron me jurait que jamais il n'embaucherait une femme », mais Caroline s'accroche et va lui prêter main-forte tous les week-ends. C'est gagné. « Il m'a finalement gardé six ans et il est devenu mon maître d'apprentissage ».
Elle passe son CAP et poursuit son cursus avec un Brevet professionnel de boulangerie. Dans sa classe, elle rencontre Damien, son futur mari, fils de boulangers, et part faire une année d'apprentissage en pâtisserie à Saint-Martin-de-Bréhal, chez un passionné de chocolat.
Le secret pour y arriver ? « Il faut avoir la passion, c'est un métier un peu magique, où l'on n'a jamais fini d'apprendre ». Mère de trois enfants de 7, 4 et 2 ans, Caroline a désormais ses domaines de prédilection. À elle les confitures, les confiseries, les chocolats, et les pâtisseries de commande.
Cette année, la 17e édition de la Fête du pain, qui se tient du 14 au 20 mai, est consacrée à « la boulangerie au féminin ». « Je trouve ça bien, c'est un milieu macho, il y a encore des a priori, souligne-t-elle. Les femmes sont encore beaucoup dans le coup de main ou la vente »
Sur les 33 000 artisans recensés, on ne compte en effet que 4 % de femmes. « Mais ça va en augmentant, rappelle Michel Lebatteux, président de la Fédération départementale des artisans boulangers et boulangers-pâtissiers de la Manche. Les nouvelles technologies ont facilité l'accès du métier aux femmes. Et c'est une bonne nouvelle, car elles sont motivées et font preuve de dextérité et d'habileté ».