Brest. « L’arbre empathique », vert et métal comme le tram

Place des Français Libres, près la station 6 Château, grandit L’arbre empathique, œuvre de l’architecte catalan écologiste Enric Ruiz Geli. Spectaculaire, il fait partie des sept nouvelles œuvres d’art, tickets compris, qui vont jalonner la première ligne du tramway. Déjà, les passants s’arrêtent pour le contempler. Entre le pont de Recouvrance, la mer, le jardin minéral, L’arbre empathique s’intègre parfaitement dans le paysage. Mi-métal, mi-végétale, c’est une sculpture haute de 12 m, un arbre hybride qui veut ramener la nature au centre-ville : « Cet arbre est un organisme vivant, il va continuer à pousser, on lui souhaite une longue vie », sourient Sylvia Bures et Victor Llanos, qui assurent, partout dans le monde, la construction des créations d’Enric Ruiz Geli : « Il invente des prototypes magnifiques, toujours dans cet esprit de nature combinée avec l’architecture. »

Sept espèces de plantes

Bien que déjà pré-construit à Barcelone, le montage de l’arbre s’est révélé plus complexe que prévu, à cause de la météo. Il a fallu attendre pour installer les plantes : « Y pousseront sept espèces de plantes différentes : du lierre, du laurier, de la véronique, du laurier palme, du pittosporum, des filaires, des arbousiers, décrit l’ingénieur agronome Sylvia Bures. Et, grâce aux 300 mètres de tuyaux cachés dans l’arbre, un ingénieux système de goutte à goutte irriguera les plantes. » Des capteurs placés dans les substrats avertiront des besoins éventuels des plantes. « Même rentrée à Barcelone, je pourrai vérifier que tout se passe bien pour les plantes ! » sourit Sylvia.

Les oiseaux filmés

Trois caméras ont été installées dans l’arbre. Pour filmer les oiseaux qui s’y aventureront. Comme les autres réalisations de Geli, qui accumule les prix internationaux, L’arbre empathique se propose de réinventer la relation entre l’art, la technologie et la nature. Tout un système interactif très surprenant qui va aussi concerner les passagers du tram : « Pour Enric Ruiz Geli, l’architecture est la plate-forme de l’art contemporain, commente l’architecte Victor Llanos. Comme Antoni GaudÍ, sa grande référence, ses œuvres empruntent à l’artisanat, avec beaucoup de couleurs et de lumière. Mais il leur ajoute les connaissances du moment. »

L’arbre empathique de Brest est représentatif de la vision de l’architecte auquel on doit de fabuleuses réalisations, comme le Kidsland de Corée, l’Aquarium de New-York, la tour Markaz au Koweit, le projet Riverside à Moscou… « La lourde architecture du siècle dernier reposait essentiellement sur le béton, auquel elle rendait un culte, explique Enric Ruiz Geli, qui sera à Brest le week-end prochain. La nôtre, légère et durable, rend un culte aux semences, au monde végétal. C’est une architecture qui croît et se nourrit, partie intégrante de l’environnement. »

Autre œuvre d’art en construction, Les Jetées de Didier Faustino sont montées, place de Strasbourg, par les ateliers David. Quant aux Cylindres vibrants d’Hughes Germain, sur le parvis du Lycée Dupuy de Lôme, ils sont installés mais pas encore activés. Tout sera prêt pour l’inauguration du tram, samedi 23 juin.