Euro 2012. De l’autre côté du fleuve

Aujourd’hui, j’ai franchi le fleuve qui traverse Donetsk du nord au sud. Le Kalmious (en ukrainien, ça s’écrit : Kanbmiyc). Il est à peu près large comme la Seine à Paris, plusieurs ponts permettent de l’enjamber, et, plus loin il traverse Mariupol avant de se jeter dans la mer d’Azov.

L’eau n’est pas marron comme celle du Dniepr à Kiev, mais grisâtre, elle n’est pas très engageante non plus. De nombreux pécheurs y plongent leurs lignes, mais pas le moindre baigneur à l’horizon, malgré la chaleur au-dessus de 25° dès 9 heures ce matin. En amont d’inquiétantes usines donnent sans doute à y réfléchir deux fois.

De l’autre côté du fleuve, donc, j’ai vu Donetsk dans tout son paradoxe : une juxtaposition de moderne et d’ancien, de beau et d’affreux, de neuf et de déglingué. Des immeubles futuristes à côté de bâtisses défraîchies. Des routes défoncées, aux pavés déjointés, et des promenades aménagées. Des voitures de luxe rutilantes et des caisses à savon roulantes, des pelouses arrosées et des zones remplies d’herbes folles… Joli panorama de cette ville, vue en contrebas depuis son fleuve.

On peut dire ainsi que Donetsk n’est ni laide, ni belle, ni à l’agonie ni resplendissante. Peut-être une ville en devenir. Et qu’il y fait bon vivre ? Faudrait y repasser l’hiver quand même pour vérifier. L’hiver qui, de novembre à mars, dure six bons mois à Donetsk…