Yann Eliès : « Tout donné pour aller la chercher celle-là… »

Solitaire du Figaro. 1re étape Paimpol-Gijon. Le skipper costarmoricain, a mené la course de bout en bout et signe une superbe victoire d’étape. Sa 6e en treize éditions. Entretien.

GIJON (De notre envoyé spécial).

Yann Eliès, cette étape, vous l’avez dominé depuis le départ.

Euh… le départ a été cata. J’ai fait plein de fautes, j’ai dû réparer et faire un 720°, rien n’allait. Là, je me suis un peu énervé, je me suis dit : « c’est maintenant que ça démarre, il faut aller la chercher ». Il y a eu une opportunité devant Perros-Guirec, je l’ai saisie et là, c’était parti.

Vous avez dit, souvent lors des dernières vacations, vous méfiez de Thierry Chabagny. Pas de Morgan Lagravière ?

Si, mais surtout de Thierry Chabagny, car je ne savais pas où il était, et au dernier classement du matin il était pas mal, alors j’ai eu peur qu’il revienne par l’ouest. Je m’attendais à un scénario qui tourne sur la fin et je pense que l’on a eu un peu de chance, car on a foncé tout droit, on ne s’est pas posé de questions et ça a marché, mais ça aurait pu coûter cher.

Vous avez craint le retour de la flotte par-derrière, mardi matin, et d’avoir fait toute cette première partie pour rien ?

C’est la Solitaire hein… on sait que quand le fil se tend dans un sens, il peut se tendre dans l’autre. J’avais la meute derrière moi mardi matin, tous de front, à quelques milles, et je me suis demandé par où ça allait repartir. Et puis j’ai tricoté, et j’ai réussi à repartir. Finalement, on s’est arrêté les premiers et on est reparti les premiers.

Cette étape a été éprouvante physiquement non ?

Jusqu’à l’arrivée de la pétole, j’ai dormi pas mal. Après, par contre, ce n’était plus possible. J’ai réussi un peu à reprendre des forces quand le vent s’est levé, mais plus question d’aller se coucher quand sur la fin, il y a un concurrent 500 m derrière. Du coup la fin était vraiment raide. Heureusement qu’il y a la gagne au bout, ça aide…

C’est votre sixième victoire d’étape sur la Solitaire, a-t-elle un goût particulier celle-là ? Un peu de revanche ?

Non. Si elle est particulière, c’est surtout dans la manière… Prendre la tête quatre heures après le départ et ne jamais la lâcher, c’est une belle performance. Je suis très content de moi, car j’ai beaucoup donné pour aller la chercher. Et je peux vous dire qu’avec les deux jeunes costauds Morgan et Fabien, ce n’était pas évident. Ces deux-là vont être durs à battre.

C’est encore une victoire lors d’une première étape…

Oui c’est vrai, c’est un de mes points forts, de tout donner d’entrée. Même si j’ai aussi tendance à m’écrouler parfois, par la suite. Là, il y a trois jours, donc ça va. Et puis il n’y a que trois étapes donc il ne fallait pas se louper sur cette première.